Avec la canicule persistante, le secteur agricole fait face à des pertes de rendement et à la mortalité animale, selon des rapports récents. En réponse, la ministre de l'Agriculture a annoncé l'initiation "d'une première série de mesures d'urgence".
Un épisode caniculaire sans précédent touche actuellement la France. Avec des températures dépassant les 40 degrés dans certaines régions, les agriculteurs luttent pour préserver leurs élevages. "À des températures si élevées, les animaux, tout comme les humains, voient leur résistance diminuer progressivement", a affirmé Hervé Lapie, éleveur de porcs à La Cheppe (Marne) et secrétaire général de la FNSEA, dans une interview avec Le Parisien.
Les récoltes souffrent également. Avec une chaleur intense et prolongée, les moissons se préparent plus tôt que prévu. "Pour le blé en fin de maturation, les effets sont abrupts, influant sur la taille et la qualité des grains", a noté Bruno Cardot, agriculteur dans l'Aisne.
Certains agriculteurs, tels que José Pérez, coprésident de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne et arboriculteur, tentent de préserver leurs cultures en les arrosant, mais seulement 10 % des terres agricoles en France bénéficient d'irrigation. Cela soulève de sérieuses inquiétudes, selon cette figure des révoltes agricoles de janvier 2024, qui prédit : "Une catastrophe si les pluies ne surviennent pas rapidement".
Des annonces du ministère de l'Agriculture
Dans un communiqué daté du 23 juin, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a évoqué "une première série de mesures pour soutenir le secteur agricole face à cette canicule". Il est donc demandé aux syndicats agricoles, aux chambres d'agriculture et aux instituts techniques d'intensifier leur accompagnement des producteurs et de diffuser largement les recommandations pour adapter les pratiques agricoles aux fortes chaleurs.
Les contrôles dans les exploitations seront, également, "temporairement suspendus jusqu'à la fin de la période de vigilance rouge pour canicule", dans les départements concernés, avec une reprise prévue après cette période.
Enfin, en lien avec les risques d'incendie, "si des mesures de débroussaillement sont imposées et sous certaines conditions, une jachère pourra conserver son statut d'infrastructure agro-écologique, même fauchée", permettant aux exploitations de rester éligibles aux aides de la politique agricole commune (PAC) de 2026, indique le ministère.







