Dans le Gers, la canicule impose un nouveau rythme aux journées des agriculteurs. Pour éviter les températures extrêmes et réduire les risques d'incendie, ces derniers réorganisent leur emploi du temps. Ces ajustements sont devenus essentiels alors que les élevages subissent également les conséquences de cette vague de chaleur.
Dès 6h30, Maxime (prénom d’emprunt), céréalier, débute sa journée. Avec des températures dépassant les 35 degrés, son quotidien a été radicalement chamboulé. Avant de rejoindre les champs, il commence par s'assurer que sa moissonneuse-batteuse est propre et en bon état, un geste crucial pour éviter les pannes dues à la chaleur.
Son emploi du temps est désormais minuté. "Nous visons à récolter une centaine d'hectares avant que le soleil ne fasse grimper les températures insupportables. Nous essayons de rentrer avant 14 heures, sinon cela devient dangereux", partage-t-il. "Nous reprenons vers 19 heures et restons dans les champs jusqu'à minuit, si la météo le permet." Ce rythme décalé est devenu monnaie courante dans de nombreuses exploitations de la région.
Ce vendredi-là, Maxime a encore 35 hectares à traiter. Bien que quelques pannes aient ralenti sa progression, il n'a pas le choix : les moissons doivent être achevées avant dimanche, car des orages sont prévus. Les équipes doivent donc redoubler d'efforts, surtout lorsque la chaleur augmente le risque d’incendie, comme l'indiquent les rapports de La Dépêche du Midi.
Les autorités amplifient leurs avertissements
Les autorités locales appellent à la vigilance afin de prévenir les départs de feu dans les champs. Cet appel fait suite à un incendie survenu récemment à Seysses-Savès, où un feu a ravagé une parcelle de six hectares. Fort heureusement, aucune victime n'est à déplorer, mais cet événement souligne la vulnérabilité accrue des cultures en période de sécheresse.
Les autorités encouragent les agriculteurs à être particulièrement prudents en équipant leurs engins d'extincteurs en état de fonctionner et en s'assurant de leur bon entretien. Ce conseil s'adresse également au grand public : selon des rapports, neuf incendies de végétation sur dix seraient d’origine humaine. Il est essentiel d’adopter des comportements responsables en évitant de jeter des mégots ou de fumer à proximité de zones inflammables.
Des réparations à la traîne
Maxime avoue qu'il a toujours cette menace à l'esprit durant ses heures de travail. "La chaleur est un facteur de stress, en plus des pannes. Les mécaniciens sont souvent en retard à cause des conditions climatiques, donc une panne peut vite entraîner un retard significatif dans les moissons", déplore-t-il.
Cette anxiété est partagée par de nombreux agriculteurs, où chaque heure compte lorsque la météo annonce des changements.
Les effets de la chaleur sur les élevages
Les conséquences de la canicule ne se limitent pas aux grandes cultures. Les élevages en souffrent également, notamment dans l'Ouest de la France, où la mortalité dans les élevages de volailles a enregistré une hausse alarmante. Les sociétés d'équarrissage éprouvent des difficultés à assurer la collecte des animaux décédés.
Pour l’instant, le Gers est relativement épargné. L’entreprise Atemax, active dans la région, indique un fonctionnement normal. Cependant, les services de l’État rappellent que, si les difficultés persistent, les éleveurs peuvent solliciter le service public d’équarrissage, sous certaines conditions.
Des mesures d’accompagnement annoncées
En réponse à cette chaleur exceptionnelle, le ministère de l’Agriculture a dévoilé plusieurs initiatives visant à soutenir les agriculteurs affectés par la canicule. Ces mesures devraient aider à atténuer les difficultés rencontrées tant dans les élevages que dans les exploitations céréalières, particulièrement touchées durant cette période de moisson.







