CHRONIQUE. Par une décision marquante, le Saint-Siège a excommunié les évêques consecrateurs et consacrés de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) suite à des sacres jugés illégitimes. L'historien du droit, Guillaume Bernard, soulève une interrogation critique : si le traditionalisme fait partie intégrante du catholicisme, n'est-il pas abusif de refuser sa continuité épiscopale?
Le 2 juillet 2026 a marqué un tournant : les deux évêques conseillers, ainsi que les quatre consacrés, ont été frappés d'excommunication par le Saint-Siège, entraînant également les prêtres et fidèles qui ne prennent pas leurs distances. Les sacrements administrés par la FSSPX sont désormais déclarés illicites, et certains, comme la confession et le mariage, sont jugés invalides. Une question persiste : pourquoi le pape a-t-il refusé ces sacres? Cela pourrait susciter l'accusation d'inversion accusatoire et établir une fausse présomption d'infaillibilité sur toutes les décisions romaines.
Église « officielle »
La situation s'avère complexe. Comment le Dicastère pour la doctrine de la foi peut-il concilier la condamnation pour schisme de la FSSPX avec le fait qu'il reconnaisse les prêtres consacrés comme évêques? La thèse qui rejette les sacres sans mandat apostolique repose sur l'indissociabilité entre le pouvoir d'ordre, qui vient de Dieu via la consécration, et celui de juridiction, accordé par l'autorité ecclésiastique laquelle reste compétente.
Pourtant, la FSSPX insiste sur le fait qu'elle ne désire pas établir une hiérarchie concurrente à l'Église « officielle ». Contrairement à l'Église patriotique chinoise, elle ne nomme pas de diocèses pour ses évêques. Ses fidèles n'évoluent pas au sein de paroisses, mais sont rassemblés dans des prieurés.







