L'institut des jeunes aveugles de Cahors, ouvert en décembre 2024, est confronté à une situation préoccupante avec seulement la moitié des résidents espérés. Ce déficit financier met à risque l'existence de l'ensemble de la fondation, qui est également présente à Toulouse, Albi, Montauban et Carcassonne.
La création de cette structure, prévue pour accueillir 56 adultes en situation de déficience visuelle, a débuté en 2019 à l'initiative du conseil départemental du Lot. Toutefois, des crises de gouvernance au sein de la fondation IJA (Institut des jeunes aveugles) ont retardé le projet, lequel a enfin ouvert ses portes après une période d'interruption en 2023. Selon le président de la fondation, nommé en 2023, "la structure a souffert d'une carence de gouvernance."
Malheureusement, la réalité actuelle montre un écart entre l'offre de l'institut et la demande locale. Avec seulement une vingtaine de résidents accueillis, le président souligne que la population déficiente visuelle est dispersée sur le territoire, rendant difficile leur concentration dans un même établissement.
Un agrément surdimensionné et un public introuvable
Le président de la fondation explique que le projet initialement conçu ne tenait pas compte de la démographie de la population déficiente visuelle. "Il est rare qu'un élève déficient visuel rencontre d'autres enfants dans la même situation durant sa scolarité," indique-t-il. De plus, la question de l'éloignement des familles soulève davantage de difficultés. "Comment espérer qu'une personne d'une autre région rejoigne notre institut si ses parents sont résidents à Strasbourg?" s'interroge-t-il.
Pour remédier à cette situation préoccupante, l'institut a entrepris une campagne nationale de communication, envoyant près de 6000 courriels à des établissements spécialisés et des maisons départementales. Cependant, seulement deux résidents supplémentaires ont rejoint l'institut, confirmant que l'offre ne correspond pas aux besoins.
Un dialogue rompu avec le Département
En mai 2025, la fondation a exprimé ses préoccupations auprès du conseil départemental, en demandant une réévaluation de son agrément pour inclure d'autres formes de handicap. Malheureusement, sa requête n'a pas été entendue. La directrice mentionne : "Nous avons l'impression que nos préoccupations ne sont pas prises en compte, malgré nos multiples démarches." Face à cette impasse, l'institut a dû saisir le tribunal administratif, mais la médiation judiciaire n'a toujours pas été suivie d'effets.
Toute la fondation menacée
Le modèle économique des établissements médico-sociaux étant basé sur le nombre de résidents, ce faible taux d'occupation entraîne un déficit grandissant pour l'institut. Cette situation dramatique menace non seulement l'établissement de Cahors, mais également les 450 personnes accompagnées par la fondation IJA à travers ses différents sites. Le président souligne l'urgence de trouver une solution, sinon l'institut pourrait faire face à une cessation de paiements d'ici la fin de l'année.
"Nous sommes dans une inquiétude extrême," avouent les responsables de la fondation, exprimant leur crainte d'une possible reprise de l'institut par une autre organisation ou même sa fermeture définitive.
La réponse du Département face à la situation
Le Département a répondu à La Dépêche du Midi, déclarant que la création de cet institut faisait partie d'un engagement envers les déficients visuels, soutenue par la ville de Cahors et la Région Occitanie. Il affirme que le nombre de résidents autorisés initialement répondait à une réelle demande sur l'échelle régionale et nationale.
La déclaration explique également que des efforts ont été faits pour résoudre la situation, notamment par l'ajustement du tarif journalier et la réduction du nombre de résidents à 24, en accord avec la demande de l'institut. Toutefois, il confirme également qu'élargir l'agrément à d'autres types de handicap n'a pas été une option retenue.
Le Département reste confiant dans la capacité de l'institut à s'adapter, tout en déplorant le choix de l'IJA d'opter pour des procédures juridiques plutôt que pour le dialogue."







