Amélioration des remplacements d'enseignants : une réalité à vérifier

Le ministre de l'Éducation annonce des progrès, mais qu'en est-il vraiment sur le terrain ?
Amélioration des remplacements d'enseignants : une réalité à vérifier
Ces enseignants qui paient des fournitures scolaires pour leurs classes

Ce jeudi, lors d'une interview sur RMC-BFMTV, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a soulevé l'optimisme en déclarant que « nous aurons assez de professeurs » pour la rentrée scolaire de 2026. Une affirmation qui semble rompre avec la constante pénurie d'enseignants, mais qui soulève également des interrogations.

« Garantir que tel ou tel professeur n’est pas absent, et bien remplacé dans les deux heures, ce serait mentir », n'a pas hésité à ajouter Geffray, admettant ainsi que le problème persiste malgré ses promesses. Les chiffres, eux, en témoignent. Selon plusieurs rapports du ministère de l'Éducation nationale, du Sénat et de la Cour des comptes, les remplacements d'enseignants absents demeurent problématiques.

Les dernières études révèlent une augmentation alarmante des absences non remplacées. Entre 2018 et 2024, les absences non compensées ont crû de +49 % pour les classes maternelles et élémentaires, et de +93,2 % pour le collège et le lycée. En moyenne, les élèves du primaire ont perdu 2,2 % de leur temps d'apprentissage, tandis que ceux des établissements secondaires ont subi une perte de 7,4 %.

Pour 2024-2025, le ministère visait un taux de remplacement de 36 % pour les absences de courte durée. Cependant, seul 11,7 % a été atteint, tandis que le remplacement pour les absences de longue durée est tombé à 94,3 %, en baisse par rapport à 97 % en 2018-2019. Ces données sont tirées d'un rapport de la Cour des comptes.

Quelles en sont les raisons ?

Les cause des absences sont variées, mais la santé des enseignants est la principale explication. Selon un rapport du sénateur Olivier Paccaud, il a été observé une augmentation des congés maladie de 41,3 % entre 2018-2019 et 2023-2024. Les temps partiels thérapeutiques ont également bondi de 250 %. Il souligne que, bien que les enseignants soient moins souvent absents que les autres travailleurs, la tendance générale montre une montée des absences.

Pour les enseignants du secondaire public, les principales raisons d'absence de courte durée incluent des problèmes de santé (29,3 %), des obligations institutionnelles (15,5 %), des activités éducatives (15 %), et les autres congés (12,7 %). Ces hausses ont contribué à une pression accrue sur les viviers de remplaçants disponibles, qui ne suffisent plus.

Pourquoi ces absences restent-elles non remplacées ?

La difficulté à remplacer les enseignants s'explique par plusieurs facteurs. La Cour des comptes souligne un manque d'attractivité du métier, couplé à des contraintes budgétaires qui restreignent les possibilités de remplacement. Dans certaines académies, comme celle de Créteil, des heures de cours n'ont pas été assurées même avec des remplaçants disponibles. Ce phénomène compromet encore davantage l'efficacité du système éducatif.

Quelles solutions envisager ?

Pour améliorer la situation, des experts recommandent de réduire les absences institutionnelles des enseignants et de déployer des outils informatiques pour mieux gérer les remplacements. Ils insistent également sur la nécessité d'une communication claire avec les parents concernant les heures non dispensées et les solutions proposées.

Alors que la promesse d'une amélioration se fait entendre, les actions concrètes doivent impérativement suivre. La réussite de ces objectifs dépendra non seulement de l'engagement des décideurs, mais aussi de la détermination à affronter les réalités du terrain.

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