En alerte orange canicule, les pompiers de Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne) doivent s'adapter pour faire face à la montée des températures, qui dépasse les 35°C en Île-de-France. À 07H30, le sous-officier Laurent Bassi rassemble l'équipe de garde pour les prochaines 12 à 24 heures.
Pour éviter que l'entraînement ne se déroule sous un soleil accablant, la convocation a été avancée. Pendant que les alertes ne retentissent pas, les pompiers effectuent leur routine de vérification des véhicules avant de s'adonner à une séance de sport. Mais la direction de la caserne a jugé nécessaire d’alléger le programme pour préserver les capacités d’intervention de l’équipe durant cette vague de chaleur, désormais habituelle chaque été.
Le lieutenant Geoffroy Mercier souligne qu’il est impensable dans ces conditions de demander aux pompiers de porter leur tenue de feu. "Ils transpirent instantanément, ce qui les épuise rapidement", précise-t-il. En cas d'alerte rouge, le travail devient particulièrement limité, avec seulement quelques tâches administratives à gérer.
Depuis le week-end dernier, Paris et sa périphérie sont en vigilance rouge canicule, et la situation pourrait s'intensifier. Les pompiers, bien que la matinée soit tranquille, anticipent un week-end chargé car généralement, plus les jours de chaleur s'accumulent, plus les interventions urgentes se multiplient.
Au cours de la canicule exceptionnelle de juin, Santé publique France a rapporté une tragique augmentation de +29,1% des décès, représentant 2.025 vies perdues en une semaine.
En période de forte chaleur, la tenue des pompiers est assouplie : short, polo et baskets sont désormais autorisés, mais sur le terrain, le code vestimentaire n’évolue pas. Les conditions peuvent devenir "insoutenables" lors des interventions, car les matières ignifugées limitent la capacité du corps à se refroidir. Cela présente un risque réel de coup de chaleur, comme l’indique encore le lieutenant Mercier.
Pour répondre à ces défis, le service départemental d'incendie et de secours de Seine-et-Marne a mis en place un "kit glace" à la caserne, permettant aux pompiers de bénéficier d'un bain glacé en cas de besoin, bien qu'il n'ait pas encore été utilisé.
"Nous veillons constamment à ce qu'ils se réhydratent et récupèrent entre les interventions", souligne l’adjudant-chef Davy Mathiaux, qui surveille son équipe via les moyens radios afin d'assurer leur sécurité.
Cependant, la gestion des nuits chaudes semble être le plus grand défi. La caserne, conçue sans climatisation, est devenue un lieu de souffrance lorsque les températures s'élèvent au-dessus de 35°C, particulièrement dans les chambres sous les toits. Les pompiers essaient des solutions comme déplacer leurs matelas vers les zones les plus fraîches.
Certains investissent dans des ventilateurs, d’autres s’installent dans l’unique salle fraîche de la caserne, marquant ainsi l’émergence d’un véritable "système D", comme le résume le lieutenant Mercier. "Les nuits sont difficiles, et le lendemain, je dois être opérationnel. Cela entame forcément mes capacités", admet l’adjudant-chef Mathiaux.
Ces conditions de travail difficiles affectent non seulement le corps, mais aussi l’esprit. Sébastien Delavoux, représentant de la CGT des Sdis, fait état d’un manque de moyens et d’un besoin urgent d'améliorations dans les conditions de travail. Les pompiers ne disposent pas de "droit de retrait" ni de congés intempéries : pour eux, le service doit toujours continuer.







