Partir en échange Erasmus peut marquer un tournant décisif dans la vie d'un étudiant. Des témoignages récents montrent à quel point cette expérience peut façonner leur personnalité, augmenter leur autonomie et élargir leurs horizons.
Pour Rémy, titulaire d'un bac pro en boulangerie, la vie à Londres avec sa compagne et leur enfant est le fruit d'une recherche de nouveaux chemins après un stage infructueux. "Je ne pensais pas du tout à partir à l'étranger, mais la vie a pris un tournant inattendu", se remémore-t-il. À 18 ans, il a dû apprendre à naviguer dans une nouvelle culture et à surmonter la barrière de la langue. "Les transports en commun étaient le plus grand défi, mais chaque obstacle a été une occasion d'apprendre", ajoute-t-il avec humour.
Sa compagne, Mélanie, partage ce sentiment d'inconnu. Son première expérience Erasmus en Italie, bien que brève, lui a permis d'acquérir une certaine confiance en elle. "Une fois à l'étranger, on doit se débrouiller seul", souligne-t-elle. Aujourd'hui assistante manager en pâtisserie, elle estime que son passage à l'étranger a été fondamental dans son parcours professionnel.
L'autonomie au cœur de l'expérience
Mathias, étudiant en BTS immobilier, partage son histoire commencée en Irlande lors de son bac pro gestion administration. "J'ai ressenti un véritable changement de maturité. Être éloigné de ma famille m'a poussé à me gérer tout seul, à relever des défis que je n'aurais jamais envisagés avant", confie-t-il. Cette indépendance a influencé ses choix et l'a aidé à envisager une poursuite d'études en France.
Vivant une expérience similaire, Damien a découvert un nouveau sens de la vie en Norvège lors de sa licence de sociologie. "Les voyages ont été une révélation", admet-il. En rencontrant d'autres étudiants d'horizons divers, il a élargi son réseau et noué des amitiés qui perdurent. Clara, partie à Cork, en Irlande, a trouvé dans son échange l'opportunité de se redéfinir. "J'étais indécise sur mon orientation, mais ce séjour m'a éclairée sur mes aspirations", explique-t-elle.
Le retour à la réalité : un défi à relever
Le retour dans son pays d'origine peut toutefois s'avérer difficile. Damien évoque un "Erasmus blues" : "De retour à Paris, j'ai dû m'adapter à une nouvelle réalité. Revoir des amis, reprendre contact avec ma famille, tout cela prend du temps.” Ce sentiment de décalage est partagé par d'autres qui, après avoir goûté à la diversité culturelle, éprouvent parfois un sentiment de nostalgie.
Mélanie et Rémy envisagent un retour en France pour être plus proches de leur famille. "La mobilité nous a offert des expériences incroyables, mais la famille reste une constante importante," admet Mélanie. Loin des contraintes, ils ont construit leur vie selon leurs choix, toujours prêts à envisager de nouvelles aventures.
Ces histoires de durabilité, de croissance personnelle et de découvertes internationales résonnent avec de nombreuses voix d'experts, notamment celles du Conseil européen pour la mobilité, qui soutient fermement que les programmes comme Erasmus jouent un rôle vital dans l'éducation moderne. "Ces expériences encouragent l'ouverture d'esprit et la capacité d'adaptation, essentielles dans un monde de plus en plus interconnecté", affirme un représentant de l'institution. La mobilité étudiante pourrait donc être un levier non seulement pour l'individu, mais aussi pour la société dans son ensemble.







