Dans un contexte où le vélo est largement adopté dans les grandes agglomérations, les zones rurales et péri-urbaines peinent encore à en faire un moyen de transport viable. Une récente étude de la Fondation pour la nature et l'Homme (FNH) met en lumière cette problématique, en proposant des solutions innovantes pour encourager l'utilisation du vélo dans ces territoires souvent négligés.
Thomas Uthayakumar, représentant de la FNH, a sous-ligné l'urgence d'imaginer un réseau cyclable solide et cohérent pour relier les pôles d'emplois et de services en milieu rural. Selon l'ONG, la France fait face à une "crise de la mobilité silencieuse", où 15 millions d'habitants éprouvent des difficultés à entretenir une voiture, et ce, en l'absence de solutions de transport public adéquates.
La distance n'est pas le principal frein à l'utilisation du vélo dans ces zones. En réalité, 71% des résidents ruraux se trouvent à moins de 20 minutes de vélo d'un centre névralgique. Le plus grand défi réside dans l'absence d'infrastructures sécurisées, qui causent de brusques ruptures de continuité, posant un risque pour les cyclistes. "On peut parcourir deux kilomètres sur une route tranquille, avant de se retrouver face à une départementale à 80 km/h, ce qui interrompt brutalement le cheminement des cyclistes quotidiens," explique Uthayakumar.
En collaboration avec le cabinet Vizea, la FNH a développé une méthodologie pour créer un réseau cyclable qui privilégie la réaffectation des routes existantes afin de minimiser les coûts et préserver les terres agricoles. En utilisant les données fournies par l'IGN via la Base de Données Topographique, ils ont identifié des tronçons de routes sûrs, sous 60 km/h, et adaptés à l'aménagement cyclable.
Les résultats de cette initiative sont prometteurs : 68% du réseau a été jugé mobilisable pour le vélo. Ce modèle a été testé dans plusieurs régions, notamment en Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val-de-Loire et Nouvelle-Aquitaine, où l'idée d'un réseau cyclable efficace pourrait transformer les habitudes de transports.
Ces efforts s'inscrivent dans les initiatives visant à encourager une mobilité plus durable en France. Des experts en urbanisme et des associations locales soutiennent ces projets, jugeant qu'ils peuvent améliorer la qualité de vie des habitants tout en réduisant l'empreinte carbone des déplacements.
Pour plus d'informations sur cette initiative et les prochaines étapes, consultez les publications de la FNH et d'autres médias qui suivent de près l'évolution des infrastructures cyclables en France.







