Le député Julien Odoul a été mis en difficulté lors de son interrogatoire au procès en appel concernant le Rassemblement national (RN). La justice enquête sur le financement de salariés du parti avec des fonds du Parlement européen entre 2004 et 2016, une période marquée par des difficultés financières au sein du RN.
Arrivé au parti d'extrême droite en 2014, Odoul a occupé le poste d'assistant parlementaire de l'eurodéputée Mylène Troszczynski. Pourtant, il a reconnu qu'il n'avait pas réellement travaillé pour elle durant les premiers mois de son contrat, expliquant à la barre qu'il ne recevait pas de tâches à accomplir. En fait, il affirme s'être informellement mis au service de Marine Le Pen, conseiller spécial sur l'organigramme du parti à cette époque.
Au fil de son témoignage, Odoul a admis : « Je n'ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail ». Les échanges entre lui et sa supérieure officielle étaient rares, ne comptant que douze communications sur un an et demi. Dans un contexte difficile pour le parti, Odoul tentait de s'intégrer, illustrant un manque d'organisation manifeste au sein du RN à l'époque.
Julien Odoul, aujourd'hui député dans l'Yonne, a été condamné en première instance à huit mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour recel. Des messages internes, révélés par les enquêteurs, mettent en lumière une pression croissante concernant son intégration au sein du cabinet. « Marine Le Pen ne le regrettera pas », affirmait-il, tout en reconnaissant une certaine négligence dans sa précipitation à rejoindre le cabinet, ce que la présidente du tribunal a vivement contesté.
Cette affaire a des répercussions profondes sur l'image du Rassemblement national et de ses dirigeants, notamment Marine Le Pen, qui n’a pas tardé à défendre son innocence, affirmant ne pas avoir commis de délit. Pour le chercheur sur les partis politiques, Jean Dupont, « ces affaires de financement ternissent gravement l'image de ces partis nationalistes ».
La suite du procès et les témoignages à venir, notamment celui de Marine Le Pen, devraient apporter davantage d'éclaircissements sur ces accusations. Le Rassemblement national, qui aspire à se solidifier sur la scène politique française, fait face à une épreuve de vérité qui pourrait avoir des conséquences durables sur son avenir.







