Dans le quartier Koenigshoffen à Strasbourg, les établissements scolaires ont suspendu leurs activités le mardi 27 janvier. À l'initiative de plusieurs associations de parents d’élèves, les familles ont été encouragées à garder leurs enfants à la maison pour dénoncer le manque de personnels AESH, ces accompagnants essentiels pour les élèves en situation de handicap.
Environ vingt parents se sont réunis devant l'école maternelle et élémentaire du Hohberg, brandissant des pancartes. Sur celles-ci, des slogans tels que « Inclusion sans moyens = exclusion » ou « AESH fantôme = élèves abandonnés » témoignaient de leur désespoir.
Des parents qui remplacent le travail des AESH
Les AESH – ou accompagnantes, car la plupart sont des femmes – jouent un rôle fondamental dans l’intégration des enfants en situation de handicap. Toutefois, nombreux sont les parents qui soulignent que la reconnaissance d'un handicap n'assure pas un accompagnement adéquat. "L'AESH de mon fils n'a pas le temps de s'occuper de lui comme l'exige la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). J'ai donc dû poser des congés pour l'accompagner lors de ses activités," se lamente Anne-Sophie, mère d'un petit garçon en CE2 au Hohberg.
Des conditions de travail qui dissuadent les recrutements
La vacance des postes d’AESH s’explique également par des conditions de travail jugées préoccupantes. En effet, les contrats de travail sont souvent précaires, le temps partiel est peu rémunérateur et les effectifs sont insuffisants, des éléments qui freinent le recrutement de nouveaux AESH. "Elles gèrent souvent cinq ou six enfants à la fois pour des salaires modestes. Dans le Bas-Rhin, 54 démissions d'AESH ont été enregistrées depuis septembre, principalement à cause de ces conditions," rapporte Anne Doriath, représentante des enseignants au syndicat FSU-SNUipp.
Il est important de noter que les AESH ne devraient pas s'occuper de plus de deux enfants simultanément, pourtant à l'école du Hohberg, elles sont chargées de trois ou quatre, une situation qui est dénoncée non seulement par les parents, mais aussi par les équipes éducatives. Ce phénomène de surcharge est malheureusement répandu dans de nombreuses écoles à travers la France, accentuant ainsi la difficulté d'assurer une véritable inclusion.







