Un vent de prudence souffle sur les marchés, alors que les investisseurs s'interrogent sur la solidité du cessez-le-feu établi entre l'Iran et les États-Unis. Ce jeudi, les inquiétudes redoublent, exacerbées par les frappes israéliennes au Liban et la montée des prix du pétrole.
Entrée dans sa deuxième journée, cette trêve fragile alimente les craintes au sein de la communauté internationale. Les bombardements israéliens ciblant le Liban menacent de compromettre les efforts vers une paix durable, comme l'a souligné Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, lors d'un récent communiqué.
Andreas Lipkow de CMC Markets s'est montré sceptique : "La trêve de quatorze jours entre les deux puissances est très fragile, et il était prévisible que les négociations se révèlent délicates, d'autant que la situation en Iran reste complexe."
Avec les doutes planant sur la trêve, les prix du pétrole connaissent un nouvel essor. Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank, note une légère hausse, avec le Brent et le WTI en progression de respectivement 2,31 % et 2,88 %. Les chiffres révèlent un baril de Brent à 96,94 dollars et un WTI à 97,13 dollars, reflétant un marché nerveux.
Dans le Golfe, l'Iran persiste dans ses frappes envers des cibles au Koweït et aux Émirats arabes unis, dénonçant ces actions comme des représailles suite à des attaques sur ses installations pétrolières. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a qualifié le cessez-le-feu d'"irréaliste", affirmant que plusieurs des conditions formulées par Téhéran avaient déjà été bafouées.
Jim Reid rappelle que les enjeux demeurent considérables : "La durée de cette trêve ne fait qu'accentuer les inquiétudes quant à sa viabilité. Une période de deux semaines ne semble guère rassurante." Mercredi, les annonces de la trêve avaient temporairement fait reculer les prix du pétrole, avec des chutes dépassant 13 % pour le Brent et 16 % pour le WTI, entraînant une baisse sous la barre symbolique des 100 dollars le baril.
Concernant les marchés boursiers, une tendance à la baisse s'est amorcée, affectant la Bourse de Paris (-0,32 %) et Francfort (-0,65 %). Seule Londres a enregistré une petite progression de 0,16 %, grâce à la hausse des prix de l'énergie. En Asie, Tokyo a fermé en recul de 0,73 %.
Malgré cette ambiance incohérente, Jim Reid affirme que les tensions sur les marchés semblent s'être légèrement apaisées, nourries par des espoirs de désescalade. Cependant, la guerre sera sans doute le principal sujet d'actualité économique dans les semaines à venir, selon Andreas Lipkow, qui prévient que les inquiétudes liées aux taux d'inflation et aux politiques monétaires des grandes banques centrales continueront de façonner l'orientation des marchés.







