Lors d'une cérémonie de remise de diplômes à l'université du Centre de la Floride, la fondatrice d'une startup a décrit l'intelligence artificielle (IA) comme la "prochaine révolution industrielle". Cette déclaration a déclenché des huées parmi les milliers d'étudiants présents. Était-ce son enthousiasme trop marqué, ou l'incongruité d'un tel message pour une génération qui craint l'avenir professionnel influencé par l'IA ?

Selon Axios, les résultats d'un sondage Gallup confirment un climat d'animosité envers l'IA, avec seulement 18 % des Américains âgés de 14 à 29 ans l'envisageant de manière positive. De plus, une enquête menée par Economist-YouGov révèle que 70 % des citoyens jugent que cette technologie "progresse trop rapidement". Ce phénomène transcende les clivages politiques, atteignant 68 % des républicains et 77 % des démocrates.

Alors que le rejet de l'IA se généralise aux États-Unis, comme le montrent plusieurs projets de centres de données abandonnés, les investisseurs commencent à ressentir une inquiétude croissante. The Atlantic met en lumière ce nouveau populisme anti-technologie en évoquant des soulèvements similaires au XIXe siècle, lorsque les travailleurs se rebellaient contre la mécanisation, symbole d'une crise économique plus vaste.

Récemment, Eric Schmidt, ancien PDG de Google, a également été accueilli par des huées lorsqu'il a présenté l'IA comme une "transformation technologique" comparable à l'émergence de l'informatique, comme indiqué par NBC.

Les enjeux des marchés de prédiction

Les paris en ligne, notamment via Kalshi et Polymarket, ont pris de l'ampleur aux États-Unis. Ces plateformes offrent des opportunités de paris sur des événements allant de la météo à des résultats politiques, suscitant des préoccupations concernant les délits d'initiés. Le Wall Street Journal souligne que des personnalités, comme des élus pariant sur la date de lancement de leur propre campagne, révèlent des situations où les enjeux politiques et militaires se mêlent à des intérêts économiques. Un exemple frappant est celui d'un soldat des forces spéciales qui a gagné 400 000 dollars en pariant sur l'arrestation anticipée du dictateur vénézuélien.

Pour tempérer cette fièvre, le Sénat a interdit à ses membres de participer à de tels paris. Cependant, des personnalités proches de l'administration, comme Donald Trump Jr., investissent dans ces marchés, ce qui soulève des questions sur l'intégrité des décisions stratégiques. Consultez également le Journal qui rappelle que le marché prédictif est régi par la CFTC, une agence dont les moyens sont insuffisants pour encadrer efficacement ces activités.

Technologie et santé digestive

Dans un registre surprenant, une application nommée PoopCheck s'est fait connaître en analysant des photos de selles, promettant d'évaluer la "santé digestive" des utilisateurs. Chaque jour, des milliers d'internautes envoient leurs images, alimentant une base de données de 150 000 photos. Cependant, un journaliste de 404 Media a dénoncé la commercialisation de ces photos à l'insu des abonnés, en tant que matière première pour entraîner d'autres algorithmes. Ce constat pose de sérieuses questions sur la protection des données personnelles à l'ère du numérique.