KNDS se prépare à entrer en Bourse : un nouveau chapitre pour la défense européenne

Le groupe KNDS, acteur clé de la défense européenne, s'apprête à placer 20% de son capital.
KNDS se prépare à entrer en Bourse : un nouveau chapitre pour la défense européenne

Le groupe franco-allemand KNDS, pilier du projet du char MGCS, a récemment annoncé son intention de placer 20% de son capital en Bourse dans les semaines à venir, suite à un accord de gouvernance équilibrée entre Paris et Berlin.

Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la défense européenne face à la menace croissante de la Russie et aux tensions avec les États-Unis sous l'administration Trump.

Le groupe précise que l'opération se traduira par des placements privés auprès d'investisseurs institutionnels dans diverses juridictions, sans aucune offre publique prévue pour le grand public.

L'introduction sera limitée à environ 20% du capital actuel de KNDS, détenu principalement par GIAT Industries, une société publique française, et Wegmann, holding représentant les intérêts privés allemands. Ainsi, la France conservera 40% du capital, tandis que l'Allemagne devrait détenir une participation équivalente après avoir conclu un accord de principe avec Wegmann.

Toutefois, le Parlement allemand et les instances concernées doivent encore donner leur feu vert à cette opération.

Jean-Paul Alary, directeur général de KNDS, a souligné : "L'Europe entre dans une nouvelle ère en matière de défense et de sécurité. Les forces armées se modernisent rapidement et renforcent leurs capacités de défense terrestre. KNDS est idéalement situé pour accompagner cette transformation."

Le groupe a également mentionné que des détails concernant la gouvernance post-introduction en Bourse seront révélés ultérieurement, le cas échéant.

L'accord sur la gouvernance de KNDS, annoncé lundi, devrait apaiser les craintes des investisseurs, surtout après les difficultés rencontrées par le programme Scaf, un projet d'avion de combat emblématique de la coopération franco-allemande, qui a souffert des rivalités industrielles internes.

Formé en 2015 par la fusion de Nexter, anciennement détenu par l'État français, et de KMW, appartenant à la famille Bode-Wegmann, KNDS est un acteur majeur de l'industrie européenne de défense face à la concurrence des géants américains comme General Dynamics.

KNDS fournit de nombreux équipements militaires aux armées, notamment des chars de combat, des véhicules blindés de transport de troupes, ainsi que des canons Caesar, très appréciés en Ukraine, sans oublier des ponts portables et des véhicules robotisés.

Les discussions entre l'État allemand et Wegmann & Co. avaient auparavant rencontré des obstacles sur le prix de l'entrée en Bourse, ainsi que des divergences au sein du gouvernement concernant la taille de la participation à émettre, certains plaidant pour un placement plus modeste de 30%.

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