Près de la moitié des Grecs, soit 47 %, ne pourront s'accorder des vacances cet été en raison de la pression économique, révèle une étude de l'institut de sondage Alco. L'hebdomadaire athénien To Pontiki déplore cette réalité souvent ignorée par les autorités, alors que la Grèce reste une destination de choix pour des millions de touristes internationaux.

Les charges financières exorbitantes liées à l'hébergement, aux transports et à la nourriture constituent de vrais freins pour les habitants. Alors que le nombre de visiteurs devrait dépasser les 38 millions d'ici 2025, une part croissante de la population grecque se voit exclue des avantages de cette manne touristique. Selon des données rapportées par la Banque de Grèce, le secteur du tourisme représente 25 % du PIB national et a généré 22 milliards d'euros de revenus l'année dernière.

Dans ce contexte, le gouvernement a lancé un programme intitulé "Tourisme pour tous", offrant entre 200 et 600 euros d'aide financière sous forme de cartes numériques. Cette initiative vise à élargir les offres en incluant des ménages de classe moyenne gagnant jusqu'à 58 000 euros par an, selon To Pontiki.

Économie de pass et de coupons

Cependant, ces mesures, bien que saluées, font l'objet de critiques. To Pontiki souligne que, malgré des intentions louables, la mise en œuvre de telles initiatives dans la réalité économique evidente un "profond déficit politique". En effet, l’économie fondée sur des "pass" et des "coupons" ne résout pas le problème plus global des bas salaires en Grèce.

Alors qu’en mai, le pays affichait une inflation de 4,9 %, l'une des plus élevées de l'Union européenne, une grande partie de la population se sent délaissée par un système touristique qui semble taillé sur mesure pour un public étranger. Les critiques concernant le surtourisme et la gentrification s'intensifient, renforçant cette perception que le secteur est tourné vers l'extérieur, transformant la Grèce en une simple société de services.