Initié il y a dix ans, ce projet ambitieux a été finalisé récemment. Au sein de cette copropriété de 7.500 logements, deux puits ont été forés à 1.700 mètres de profondeur, permettant de puiser de l'eau à 62 degrés de la nappe phréatique du Dogger, la principale source d'eau chaude naturelle d'Île-de-France. "Cette initiative vise à réduire les factures de chauffage en assurant une fourniture durable et renouvelable", déclare Méril Telhaoui, responsable chez Engie.
Le système géothermique a été conçu pour fournir jusqu'à 70 % de l'eau chaude selon les besoins réels des usagers, incluant des bâtiments publics tels que l'hôpital Mignot et des écoles. Les 30 % restants de l'énergie proviennent encore de gaz, garantissant une continuité de service tout en amorçant une transition vers des énergies renouvelables.
"La filtration de l'eau est cruciale pour préserver nos installations, et le système d'échangeur de chaleur optimise l'énergie récupérée", précise Méril Telhaoui, ajoutant que l'eau utilisée sera réinjectée dans la nappe, entraînant une très faible perte.
L'investissement de 35 millions d'euros est soutenu par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) à hauteur de 9 millions d'euros. Le reste du coût est échelonné sur 12 ans, avec un remboursement de moins de 200 euros par an pour chaque propriétaire. À titre de comparaison, le budget de fonctionnement annuel de la copropriété est d'environ 30 millions d'euros, intégrant des installations récréatives telles que piscines et courts de tennis.
"La géothermie est un choix judicieux pour assurer un prix constant et diminuer les émissions de CO2, tout en offrant un confort thermique", estime Yves de Lavergne, membre du conseil syndical. Les premiers retours des résidents sont partagés, certains se montrant sceptiques quant aux économies promises.
En parallèle, Engie planifie d'autres forages dans la région, témoignant de l'engouement croissant pour la géothermie, qui représente cependant actuellement moins de 1 % du chauffage en France. Des initiatives similaires sont en cours, notamment aux Lilas et Saint-Denis, soutenues par des données de Le Monde.
Malgré certains échecs passés en matière de géothermie, les autorités et les experts insistent sur son potentiel. La France, dotée d'une expertise limitée en matière de forage, vise à multiplier par 25 la capacité géothermique d'ici 2035, mais cela reste un défi de taille, notamment en matière de formation, avec seulement 80 entreprises qualifiées en 2023.







