Dans une soupe populaire de Saint-Pétersbourg, le bruit des assiettes se mêle aux rires d'un groupe de retraités. Bien que l'atmosphère semble joviale, de nombreux visages trahissent les difficultés financières croissantes des personnes âgées, témoins d'une économie en déclin, comme le souligne l'analyse d'Adina Revol sur l'économie de guerre.
Nina, 77 ans, ingénieure à la retraite, admet qu'elle n'a pas mis les pieds dans un supermarché depuis trois ans. "Je ne peux plus me permettre d'y aller", dit-elle, exprimant une résignation palpable.
"Je ne suis pas allée dans un magasin depuis trois ans parce que je n'ai pas d'argent. Ça ne sert à rien d'y aller", explique-t-elle.
Le coût de la vie, surtout dans les grandes villes, a explosé depuis le début de l'offensive militaire en Ukraine en 2022. Si les montants alloués aux dépenses militaires ont contribué à maintenir l'économie à flot, ils ont également entraîné une inflation préoccupante, comme l'indique un rapport du renseignement allemand sur les déficit militaire et ses conséquences sur les ménages.
Des revenus insuffisants pour survivre
Les statistiques évoquent une hausse de près de 45% des prix depuis l'intensification du conflit. De nombreux retraités, comme Zinaïda, ancienne pédiatre de 77 ans, peinent à équilibrer leur budget. Sa pension de 26.400 roubles (environ 290 euros) par mois ne suffit plus : "Nous avons seulement assez pour régler les factures et acheter quelques médicaments. Il ne reste presque rien pour autre chose".
"À notre âge, tout le monde a toute une série de maladies, mais les médicaments sont très chers. On a juste assez pour payer les factures et les médicaments".
Anna, 66 ans, chirurgienne à la retraite, partage ce sentiment. Même avec un passé professionnel prestigieux, elle se retrouve à jongler entre les prix des médicaments et ceux de l'alimentation. "Quand vous allez à la pharmacie, vous commencez à vous demander si vous pourrez acheter quelque chose pour le déjeuner", déplore-t-elle.
La Banque centrale de Russie prévoit que l'inflation ne sera maîtrisée qu'en 2027, un pronostic relativement alarmant dans le contexte actuel de détérioration économique. Au fil des mois, une stagnation est de plus en plus tangible, une réalité confirmée par Vladimir Poutine qui, lors d'une intervention récente, a admis une croissance d'à peine 1% pour 2025, contre 4,3% l'année précédente.
"Il est normal que les choses deviennent plus chères", déclare Tatiana, ancienne comptable, tout en ajoutant : "Nous sommes en guerre, et nos pauvres garçons sont là-bas. Que Dieu leur accorde à tous une bonne santé".







