La dynamique de réindustrialisation en France a considérablement fléchi en 2025, notamment en raison d'un contexte international dégradé. D'après le rapport publié par le ministère de l'Économie, le solde net d'ouvertures et d'extensions de sites industriels, bien que positif, se chiffre à un modeste +19, contraste frappant avec les 88 de 2024.
"La tendance au ralentissement se manifeste de manière significative", confirme le gouvernement à travers ce baromètre, qui vise à évaluer les avancées de la réindustrialisation en France.
Le rapport de Bercy met en lumière plusieurs facteurs expliquant cette stagnation. Parmi eux, la concurrence accrue à l'échelle mondiale, exacerbée par l'essor des surcapacités en Asie, ainsi que l'instauration de nouveaux droits de douane par les États-Unis et l'augmentation des prix de l'énergie. Ces éléments constituent des défis majeurs pour l'industrie française.
Les chiffres révèlent que l'industrie verte est la plus dynamique, avec 26 nouvelles ouvertures, suivie par la défense et l'aéronautique (+19), et l'électronique (+12). En revanche, des secteurs tels que les transports (-14) et la chimie (-8) enregistrent de lourdes pertes. Le baromètre révèle ainsi une fragmentation au sein de l'industrie française.
Une dichotomie industrielle en France
Face à ce tableau, l'État réaffirme son engagement à soutenir l'industrialisation du pays à travers divers dispositifs de financement, tout en consolidant son action au niveau européen pour défendre la compétitivité de l'industrie, notamment via des initiatives comme le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.
Cependant, des analyses comme celles du cabinet Trendeo indiquent un tableau plus sombre. Selon leur étude, la France a enregistré, en 2025, plus de fermetures que d'ouvertures, menant à un solde négatif de -63, le premier depuis 2013. Trendeo évoque ainsi deux France industrielles : d'un côté, les secteurs dynamiques, tels que l'énergie et l'aéronautique, et de l'autre, ceux en déclin continu depuis plusieurs années, comme la métallurgie et l'industrie textile.
Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, évoque un statu quo : "La réindustrialisation de la France est sur un plateau, mais il faut de plus en plus d'efforts pour maintenir cette dynamique".
En dépit des challenges rencontrés, le baromètre de Bercy demeure optimiste quant à l'avenir. Il signale qu'environ 150 usines sont actuellement en projet, soutenues par des initiatives telles que le crédit d'impôt pour l'industrie verte et le plan d'investissement France 2030.







