Dans un jugement qui ne manquera pas de susciter des réactions, un tribunal correctionnel de Saverne a condamné huit militants d'Extinction Rebellion à des amendes de 400 euros chacun. Cette décision fait suite à un acte de tag sur un pont autoroutier à Dorlisheim, où les écologistes avaient inscrit 'Stocamine contamene', en dénonçant le projet de confinement de déchets toxiques, comme le relate Le Monde.
Les militants avaient été placés en garde à vue pendant près de deux jours après avoir été interpellés en novembre 2025, une détention qui a soulevé des critiques quant à sa légitimité. Selon leurs avocats, des irrégularités relatives à leur garde à vue ont été reconnues par le tribunal, qui a indiqué que cela n'affectait toutefois pas le fond de l'affaire. Au final, les magistrats ont requalifié les faits en 'dégradations ayant provoqué un dommage léger', considérant l'absence de perturbation significative de l'ordre public et le coût limité des réparations nécessaires.
Ce jugement a été accueilli avec un mélange de satisfaction et de déception par les militants. L'un de leurs avocats, Théo Gauthier, a déclaré que bien que le tribunal ait pris en compte certaines de leurs arguments concernant les irrégularités de procédure, il n'a pas été assez loin dans son jugement. "Nous allons faire appel car nous croyons que cette décision n'est pas juste", a-t-il affirmé.
Extinction Rebellion a également réagi, arguant que cette condamnation illustre la montée de la répression à l'encontre des militants écologistes en France. Dans un communiqué, le groupe a souligné que ses membres agissent pour alerter sur l'inaction des autorités face à la crise environnementale et le confinement de substances toxiques à Stocamine, une ancienne mine de potasse où 42 000 tonnes de déchets dangereux sont entreposées. Cette situation reste une source de tensions entre les associations écologistes, les collectivités locales et les riverains, qui craignent pour la qualité de l'eau de la nappe phréatique.
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur la liberté d'expression et les limites de la désobéissance civile dans le contexte actuel de lutte contre le changement climatique. Selon des experts en droit, la gestion des manifestations écologistes devient de plus en plus délicate dans un climat de tensions politiques croissantes. Les réactions au jugement de Saverne pourraient influencer le débat public sur le droit de protester en France.







