Le Maine a marqué un tournant mardi en devenant le premier État américain à instaurer un moratoire sur la construction de centres de données de grande envergure. Cette décision, sans précédent, répond à la forte augmentation des prix de l’électricité et soulève des craintes environnementales face à l’explosion des infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
Pour que cette initiative prenne effet, elle doit encore être validée par la gouverneure démocrate, Janet Mills, qui a déjà exprimé son soutien. Néanmoins, les élus n’ont pas accédé à sa demande d’exemption pour un projet spécifique. Aujourd’hui, quelle que soit l’issue de cette promulgation, l’adoption par le pouvoir législatif du Maine envoie un signal fort aux onze autres États qui étudient des initiatives similaires, témoignant ainsi d’une opposition croissante aux projets des géants technologiques.
En seulement deux ans, les dépenses liées à la construction de data centers aux États-Unis ont explosé, atteignant des prévisions pour 2025 de plus de 60 milliards de dollars, contre moins de 7 milliards en 2023, a rapporté ConstructConnect.
Rythme effréné des géants de la Silicon Valley
Cette nouvelle législation interdit aux autorités locales, jusqu’en automne 2027, de délivrer des permis pour des centres de données dont la capacité électrique excède 20 mégawatts, un seuil dépassé par de nombreux projets de la Silicon Valley, qui cherchent à accélérer la mise en œuvre de l’IA. Cette loi établit également un nouveau conseil de coordination pour évaluer les impacts de ces installations sur le réseau électrique et l’environnement, ainsi que les factures des habitants, avant d’envisager une levée de ce moratoire.
Le Maine est devenu l’un des États avec les augmentations de tarifs résidentiels les plus marquées du pays, selon l’Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). Récemment, plusieurs projets de centres de données ont été renvoyés, après que des élus ont dénoncé un manque de transparence sur les besoins en eau et en électricité des promoteurs, comme l’a rapporté France 24.
Quant à la gouverneure Mills, elle a fait valoir la nécessité d'accorder une exemption pour un projet de reconversion d’une ancienne papeterie, représentant un investissement d’environ 550 millions de dollars. Mills dispose d’un délai de dix jours pour signer la promulgation, y opposer son veto ou laisser le texte entrer en vigueur sans sa signature.







