Depuis leur restitution, les 26 œuvres d'art pillées par la France au XIXe siècle restent en attente de leur présentation officielle. Réintroduites en 2021, ces pièces emblématiques, incluant des statues et des trônes royaux, sont conservées dans un espace temporaire au palais de la Marina à Cotonou.
La nouveauté a été saluée avec un grand intérêt par la communauté béninoise. Le 13 avril dernier, les députés français ont voté à l'unanimité en faveur d'un projet de loi visant à faciliter le retour d'œuvres pillées. Cette initiative vise à simplifier les procédures, rendant le retour de trésors culturels encore plus accessible, bien qu'un consensus entre sénateurs et députés reste à établir.
Le Bénin a déjà récupéré 26 œuvres précieuses, extraites du musée du Quai Branly à la suite d'une opération historique. Parmi ces pièces, on retrouve des statues anthropo-zoomorphes et des artefacts ayant appartenu aux rois Glélé, Ghézo et Béhanzin. Ces œuvres, acquises illégalement pendant les guerres coloniales françaises, sont des symboles forts de l'identité culturelle du pays.
Le tournant majeur de cette restitution remonte à 1892, lorsque le général Alfred Amédée Dodds conquit la ville d’Abomey, rendant possible le pillage de ces trésors. Les œuvres proviennent principalement des établissements historiques dévastés après la défaite du roi Béhanzin, renforçant la dimension émotionnelle et mémorielle de leur retour.
Pour l’instant, ces pièces précieuses demeurent dans une réserve provisoire. Alain Godonou, directeur de l'agence nationale des musées, souligne la nécessité de surveiller régulièrement l'état des œuvres pour garantir leur conservation. Au-delà de la simple attente, l’ambition se porte sur l’ouverture du musée des Amazones et des Rois du Danhomè (MuRAD) en 2027.
Une seule exposition à ce jour
Ce projet muséal, soutenu par l’Agence française de développement à hauteur de 35 millions d'euros, vise à créer un espace qui respecte "les standards internationaux" et à réhabiliter plusieurs palais royaux sur les 47 hectares du site historique d'Abomey. Selon M. Godonou, les travaux entamés il y a 45 mois pourraient permettre l’ouverture du musée dans un an, si tout se passe bien et sans imprévus.
"Les travaux ont commencé il y a 45 mois. On pourrait ouvrir dans un an, si on travaille bien et vite, et s'il n'y a pas de mauvaises surprises."
Alain Godonou, directeur de l'agence nationale des musées béninoise







