Enlisement. Bourbier. Quel que soit le terme, l’aventure iranienne de Donald Trump semble se transformer en un véritable fiasco. Malgré la puissance militaire de la coalition israélo-américaine et les frappes intensifiées sur Téhéran, le régime des mollahs a réussi à amortir les effets psychologiques de la guerre sur sa population, tout en instaurant un climat d’insécurité dans la région. Après l’échec des négociations américano-iraniennes ce week-end, l’attention se focalise désormais sur le détroit d'Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial. Les autorités iraniennes, en tentant de bloquer cette voie, confrontent les États-Unis qui, de leur côté, envisagent de la "libérer", envisageant même un péage pour les tankers, ce qui pourrait transformer la situation en une source de revenus pour Trump, tout en posant de sérieuses questions sur la liberté de circulation maritime.
À l’origine, le choix du Président américain d’attaquer l’Iran le 28 février a suscité de nombreuses interrogations. Une intervention rapide aurait pu mener à la chute du régime théocratique, mais à l'exception de la disparition de certains leaders et de la destruction de sites sensibles, la République islamique semble résiliente. Ce scénario a conduit à une déstabilisation accrue du Proche-Orient et, par ricochet, à une crise économique touchant l'Asie et l’Occident, aggravée par des difficultés d’approvisionnement en gaz et pétrole.
La menace d’un blocus par les Américains s’adresse à l’économie iranienne, mais elle pourrait aussi intensifier le conflit. En effet, une telle action pourrait entraîner un cycle encore plus désespérant de violence.
De notre point de vue, cette situation tragique devrait pousser vers une influence morale qui rappelle le primat de la diplomatie plutôt que la guerre. Il est d'autant plus nécessaire de le souligner alors que le Liban, notre pays ami, subit les assauts violents de Benyamin Netanyahou, sans réaction des États-Unis.
Finalement, cette spirale de violence a aussi des répercussions directes, notamment sur le marché des carburants, dont les prix continuent d’augmenter en France comme aux États-Unis. Les citoyens américains pourraient infliger ce poids à leur dirigeant lors des élections de novembre, remettant en question son leadership face à cette crise.







