Le Pentagone a fermement démenti, le 5 mai, les allégations selon lesquelles l’armée iranienne utiliserait des dauphins kamikazes dans le détroit d’Ormuz. Parallèlement, l’armée américaine a déclaré ne pas être en mesure de confirmer ou d’infirmer l’usage de cétacés dans ses propres opérations maritimes.
Une rumeur a émergé, suggérant que Téhéran aurait armé des dauphins pour mener des attaques contre des navires américains dans cette zone sensible. Des déclarations d’officiels iraniens reprises par le Wall Street Journal indiquaient que l’Iran pouvait envisager l’utilisation d’« armes jamais utilisées », parmi lesquelles figuraient des « dauphins porteurs de mines » et des « mini-sous-marins ».
Malgré l’absence de preuves tangibles – le flot de vidéos sur les réseaux sociaux étant principalement le fruit de l’intelligence artificielle – le sujet a suffisamment préoccupé le Pentagone pour une réponse. Lors d’une conférence, le ministre de la défense américaine Pete Hegseth a ainsi démenti les rumeurs de dauphins kamikazes tout en précisant que les États-Unis ne pouvaient « ni confirmer, ni infirmer » l’usage de mammifères marins dans ses missions.
Une source proche de l’armée américaine a confié à CNN que les dauphins n’étaient pas utilisées dans le détroit d’Ormuz. Le général Dan Caine, chef d’état-major américain, a même plaisanté en faisant référence à des films d’espionnage.
Des aptitudes exploitées depuis la guerre froide
Cependant, la possibilité d’une utilisation militaire de cétacés n’est pas dépourvue de fondement. Au cours de la semaine précédente, le Wall Street Journal avait évoqué que des dauphins pourraient être employés pour des opérations de déminage dans le détroit d’Ormuz. Depuis 1969, un programme de la marine américaine s’intéresse à ces animaux pour leurs capacités d’écholocalisation, cruciales pour détecter des mines ou des plongeurs ennemis.
Ces missions ont été tentées durant la guerre du Vietnam et la guerre en Irak. Actuellement, la marine continue d’utiliser des dauphins et des lions de mer pour la détection et la sécurité des eaux sensibles.
Des pays comme la Corée du Nord et la Russie ont également exploré l’utilisation de mammifères marins à des fins militaires. En 2022, des images aériennes ont révélé que la Russie avait créé des enclos pour dauphins en Crimée, visant à protéger sa flotte d’éventuels plongeurs ukrainiens. Pendant la guerre froide, l’URSS avait également développé des programmes similaires, entraînant des dauphins pour des missions de combat subaquatique.
L’espion Hvaldimir
Le cas d’un béluga, surnommé Hvaldimir, a également intrigué l’opinion publique. Découvert en Norvège avec un harnais de surveillance et des inscriptions russes, il a été suspecté d’être un agent russe. Ce type d’incidents souligne l’utilisation potentielle de cétacés pour des missions clandestines.
La rumeur concernant les dauphins kamikazes en Iran, en circulation depuis des années, mérite d’être examinée avec prudence. Des articles datant de 2000 mentionnaient déjà des dauphins capables de manœuvres offensives, sans toutefois fournir de détails concrets sur leur déploiement dans le golfe Persique. L’espérance de vie des dauphins en captivité, qui ne dépasse généralement pas 20 à 25 ans, remet également en question la validité de ces récits.







