L'historien Stéphane Audoin-Rouzeau, invité de RTL, a récemment exprimé des préoccupations concernant l'inaction de l'Union européenne, qu'il juge trop confiante face à des défis qu'il qualifie de contemporains. À l'heure où les tensions entourant le Groenland et la crise russo-ukrainienne s'intensifient, il souligne la nécessité pour l'Europe de se préparer à de nouveaux enjeux géopolitiques.
« L'Union européenne fait face à une série de problèmes de plus en plus complexes, aggravés par l'influence préoccupante de Donald Trump et la situation en Ukraine », a-t-il déclaré. Dans son ouvrage Notre déni de guerre, publié aux éditions du Seuil, Audoin-Rouzeau évoque une "illusion de paix" qui persiste depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, amenant l'Europe à croire, à tort, que la guerre était définitivement écartée de son territoire.
Selon l'historien, cette perception erronée a été renforcée par la naissance de l'Union Européenne, qu'il perçoit comme un reflet politique de cette paix convenue. Néanmoins, il fait remarquer que cette vision est en train d'évoluer, précisant que de nouvelles menaces se dessinent à l'horizon. "Nous sommes désignés comme cibles, et il est impératif de réagir. Malheureusement, nous avons du mal à le faire, car nous sommes déshabitués à la guerre", a-t-il déploré.
La dualité de Trump : allié ou adversaire ?
Alors que la Russie est souvent décrite comme un adversaire, la position de Donald Trump, qui devrait être perçu comme un allié, devient de plus en plus ambivalente. Le président des États-Unis n'hésite pas à menacer les pays de l'Union européenne de sanctions économiques à la moindre contrariété.
Audoin-Rouzeau va plus loin en qualifiant Trump d'incarnation d'un "fascisme américain", associé à des tendances révolutionnaires et subversives. "Il y a un leader, des masses et même un acte inaugural qui reste dans les mémoires, à savoir l'insurrection au Capitole", précise-t-il. « Nous ne sommes pas face à un régime autoritaire traditionnel, et cette réalité doit susciter notre inquiétude », conclut Audoin-Rouzeau, mettant ainsi en lumière les dangers que rencontrent les démocraties contemporaines.







