Le 5 mai 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi en hommage à Philippine Le Noir de Carlan, une jeunesse tragiquement assassinée par un étranger sous obligation de quitter le territoire (OQTF) en septembre 2024. Ce texte, porté par le député Charles Rodwell, vise à durcir les conditions de rétention administrative des étrangers jugés dangereux. Dans ce contexte, Rodwell se réjouit du soutien obtenu de la part de l'ensemble de la droite et du centre, y compris de figures comme Sébastien Lecornu.
Cette adoption représente un réel aboutissement pour les partisans de la loi, en particulier pour les parents de la victime qui ont soutenu ce texte, décrit comme un effort « transpartisan » signé par 150 députés du "socle commun". Selon Rodwell, cette victoire montre non seulement l'efficacité d’une collaboration interpartis, mais aussi le virage de Renaissance vers une politique migratoire plus stricte.
Dans cette optique, le texte revêt une importance cruciale, ayant pour objectif d'« améliorer la sécurité, renforcer la rétention administrative et prévenir les risques d'attentats ». Pas moins de 345 députés ont voté en faveur du projet, tandis que 177 s’y sont opposés, traduisant une large majorité au-delà des 262 voix requises.
Rodwell insiste sur le fait que cette loi marque un tournant pour Renaissance, mettant fin à la période du « en même temps » en matière de sécurité et d'immigration. Cela démontre comment la droite et le centre peuvent s'unir pour concevoir des mesures qui protègent efficacement les Français tout en préservant leurs libertés.
Trois blocs et des mesures clés
Le projet de loi s'articule autour de trois axes principaux : un meilleur suivi psychiatrique des individus radicalisés présentant des troubles mentaux, un renforcement des outils de lutte antiterroriste, et, en son cœur, l'allongement de la durée de rétention administrative dans les centres de rétention administrative (CRA). La durée maximale de rétention pour les étrangers sous OQTF ayant été condamnés et jugés dangereux sera portée à 210 jours.
Cette initiative touche deux types de concerné. D'une part, les condamnés pour actes terroristes, rétablissant ainsi une mesure disparue à la suite d'une censure constitutionnelle en 2025. D'autre part, elle s'applique aussi à des étrangers en situation irrégulière ayant commis des crimes graves tels que le viol ou l’agression armée, et ce, au-delà de la seule portée antiterroriste.
Un amendement proposé par les écologistes avait failli compromettre cette disposition, mais une seconde délibération a permis de rétablir la mesure initiale avant le vote final.
Sébastien Lecornu a salué la méthode Rodwell lors d'une réunion avec les membres du "socle commun", soulignant que cette approche devra guider leurs actions pour gouverner efficacement avec la droite dans les années à venir.
Le "socle commun" au service de la sécurité
Rodwell insiste également sur la leçon politique tirée de ce projet législatif, affirmant que des actions concrètes peuvent être mises en place lorsque la droite et le centre collaborent. Le texte sera examiné par le Sénat à compter du 20 mai, après avoir été préparé en étroite coopération avec la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio, ce qui laisse présager un accueil plutôt favorable au palais du Luxembourg, avec une possible adoption définitive dans le courant de l'été.







