Ce lundi 8 juin, la députée de La France Insoumise, Sophia Chikirou, a été relaxée par le tribunal correctionnel de Paris des accusations d'escroquerie liées à un média qu’elle avait cofondé. Cependant, elle a écopé d'une amende de 8 000 euros pour vol dans une affaire qui a assombri sa campagne lors des dernières élections municipales.
Absente lors de ce jugement, Chikirou a dénoncé ce timing qu’elle considère comme purement politique, insistant sur le fait que ce dossier a été instrumentalisé durant sa candidature à la mairie de Paris où elle n'a obtenu que 8% des voix au second tour. Cet aspect a également été souligné par plusieurs analystes politiques qui jugent que sa mise en cause n'est pas étrangère à son statut d'élue.
Le tribunal a décidé de l'acquitter des charges relatives à une tentative de virement de 67 146 euros sur les comptes du site d’actualité Le Média. La cour a estimé que l’usage d’une fausse qualité par la députée n’était pas suffisamment avéré, ce qui a conduit à cette relaxe.
Des chèques subtilisés
Néanmoins, le tribunal a condamné Chikirou à une amende de 8 000 euros, dont 4 000 avec sursis, pour avoir subtilisé deux chèques dans les locaux du média en question durant l'été 2018. Le jugement a précisé que, bien que le vol constitue une infraction notable pour une élue, la renommée de l’affaire et le fait que l’entreprise plaignante s’est désistée de sa plainte ont été pris en compte.
Les événements remontent à juillet 2018, lorsque le parquet reprochait à Chikirou d’avoir tenté de tromper la banque Crédit du Nord en sollicitant un transfert de fonds du compte de Le Média vers sa société de conseil à l'époque, Mediascop.
Pourquoi avoir attendu tout ce temps-là ?
Lors de l'audience qui s'est tenue à mi-mai, des révélations sur les tensions internes au sein du média ont émergé. Il a été noté que la procédure semblait endormie, et que seule la députée LFI était présente, tous les autres concernés ayant réglé leurs différends. Chikirou a exprimé son incompréhension face au timing de la réouverture de ce dossier : "Je n’arrive vraiment pas à comprendre pourquoi vous avez choisi le moment où j’étais candidate à la mairie de Paris pour ressortir cette affaire. Vous avez clos ce dossier il y a des années, pourquoi avoir attendu tout ce temps-là ?"
Cette affaire rappelle les luttes internes du média, et soulève des interrogations sur l’influence politique dans les affaires judiciaires. Comme le rapporte Le Monde, ces événements pourraient maintenant marquer un tournant dans le parcours politique de Chikirou, l'amenant à se concentrer sur des stratégies d'image pour redorer son blason après cette saga judiciaire.







