Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, vient d'inviter une soixantaine de ministres étrangers à se rendre à Washington afin d'assister à une réunion consacrée à la résurgence d'une menace terroriste transnationale d'extrême gauche. Cette initiative, rapportée par The Washington Post, a plongé dans l'embarras plusieurs alliés des États-Unis.
« Rubio essaie de rallier d'autres pays à sa croisade contre les antifas, mais certains alliés marquent leur désaccord », souligne The Washington Post, faisant écho aux critiques émises au sein du gouvernement américain, notamment au sein du ministère de la Justice et du conseil juridique de la Maison-Blanche. Même parmi les alliés européens, peu partagent cette perception de menace.
En revanche, de nombreux acteurs au sein de l'administration Trump soutiennent cette démarche, tels que Sebastian Gorka, responsable de la lutte antiterroriste. Selon des sources anonymes, ce dernier a déclaré lors d'une réunion que « qualifier les antifas de groupe terroriste pourrait justifier des poursuites contre les militants américains de ce mouvement ».
Le terme « antifa », comme le rappelle le Washington Post, ne fait pas référence à une organisation cohérente, mais plutôt à un collectif de militants fermement opposés au fascisme et aux idéologies radicales de droite.
Un dangereux précédent
Tout comme Gorka, Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, plaide également pour une réponse ferme contre les activistes d'extrême gauche. Lors d'une récente table ronde, il affirmait qu'il serait approprié de considérer les antifas comme une organisation terroriste étrangère, avançant qu'il existe des « liens significatifs avec l'étranger ».
De son côté, Tommy Pigott, porte-parole du département d'État, a précisé que cette réunion a été organisée car le terrorisme d'extrême gauche constitue « une menace ancienne qui réémerge avec de solides connexions transnationales ».
Rappeler le lien entre les antifas et des organisations terroristes étrangères permettrait au gouvernement de mobiliser de puissants outils de contre-terrorisme pour surveiller et poursuivre des militants considérés comme des extrémistes de gauche. Cependant, certains membres de l'administration craignent qu'un précédent ne s'instaure, alertant qu'un « éventuel président démocrate pourrait user des mêmes outils contre des militants conservateurs ».







