Alors que le Premier ministre s'apprête à finaliser le budget, un nouveau défi pourrait bien perturber son plan : l'exploitation pétrolière dans les territoires d'outre-mer.
De nombreux Guyanais croient fermement qu'un trésor gît sous leurs pieds, une richesse que la loi Hulot de 2017 leur a cachée. Blottie entre le Brésil et le Suriname, la Guyane française se distingue par son interdiction d'explorer ses ressources sous-marines, alors que ses voisins en tirent profit.
C'est cette iniquité qu'une Proposition de Loi (PPL) portée par le sénateur macroniste Georges Patient entend rectifier. Dans une interview accordée à La Tribune, il déclare : "Si nous n’exploitons pas nos ressources, il y aura une révolution". Néanmoins, le sujet suscite des divergences au sein même du gouvernement.
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, soutient cette initiative, tout comme son prédécesseur Manuel Valls, tandis que la ministre de l’Environnement, Monique Barbut, reste fermement opposée, à l’instar de l’ancien ministre Nicolas Hulot. Lors d'une réunion tendue qui a eu lieu récemment, Barbut a menacé de démissionner si le gouvernement soutenait cette PPL. Suite à cette prise de position caussant des tensions, Matignon a choisi de se distancer du texte, craignant qu'une démission en pleine crise budgétaire n'aggrave la situation.
Le texte a de fortes chances de passer
Ce jeudi, alors que Monique Barbut ne sera pas au Sénat, Roland Lescure défendra la position du gouvernement. "Dire au secteur économique ultramarin qu'il ne peut pas bénéficier des richesses pétrolières est un très mauvais signal", a confié un élu. Malgré l'opposition gouvernementale, la PPL, déjà adoptée en commission, devrait être votée. Son avenir dépendra d'une présentation à l'Assemblée, potentiellement dans le cadre d'une niche Renaissance ou d'un autre groupe politique.
Tribune des ONG
Une députée du groupe macroniste a évoqué son malaise : "Je doute que notre groupe la reprenne, car le sujet divise trop". Toutefois, la PPL pourrait être récupérée par des députés communistes, ce qui pourrait engendrer de nouvelles tensions. Le Monde a récemment publié une tribune de plusieurs ONG, dont France Nature Environnement, dénonçant les "anciens schémas extractivistes". Greenpeace a ajouté que soutenir cette loi représenterait un retour en arrière pour la France en matière de transition énergétique.
"Si ce texte revient par les communistes, je suis dans le flou quant à la réaction de mon groupe", confie une députée proche de Gabriel Attal. Voter en faveur du texte signifierait une rupture avec la gauche, tandis qu’un vote contre pourrait aliéner les LR et les centristes, ainsi que les territoires ultramarins déjà en ébullition. Ainsi, la PPL portée par Georges Patient sera à surveiller de près, une nouvelle alliée de la craintes gouvernementale.







