Le nombre de femmes optant pour le prélèvement d’ovocytes à des fins de conservation connaît une hausse significative. En 2025, l'Hôpital Femme Mère Enfant du CHR de Metz-Thionville a enregistré une soixantaine de ces interventions, une pratique qui s’inscrit dans la fertilité sociale, indiquant un choix conscient plutôt qu'une obligation médicale. "Les consultations ne cessent d’augmenter en Moselle, comme dans l'ensemble du pays," souligne le docteur Aude Secondé, spécialiste en obstétrique et procréation médicale assistée à l’hôpital de Mercy.
Le phénomène ne se limite pas seulement à la Moselle ; il s’agit d’une tendance nationale observée depuis plusieurs années. Selon le Dr Secondé, la demande est telle que "les délais d'attente augmentent aussi". Actuellement, il faut compter environ six mois entre le premier contact avec l'équipe médicale et la première consultation, et jusqu’à un an avant la ponction elle-même. "Certains établissements font face à des délais plus longs, tandis que d'autres doivent suspendre temporairement leurs services afin de traiter les dossiers en cours".
Des délais d'attente en constante augmentation
Ce retard s’explique par plusieurs facteurs, notamment la décision des couples de différer la parentalité jusqu'à ce qu'ils se sentent financièrement et professionnellement prêts. En effet, l'âge moyen des mères à la première naissance a grimpé à 31 ans en 2026, contre seulement 24 ans en 1974. "L’augmentation de l'âge maternel peut impacter la fertilité, d’où l’intérêt d’un prélèvement d’ovocytes," précise le Dr Secondé, en rappelant que cette procédure est recommandée entre 29 et 37 ans.
Les démarches sont devenues plus accessibles depuis une loi adoptée en 2020, offrant un cadre similaires à celui de la fécondation in vitro. Selon le Dr Secondé, "cela pourrait s'avérer être une solution pour contrer la baisse de la natalité observée en France". Elle souligne que d'autres pays appliquent des incitations fiscales pour stimuler les naissances, tandis que la France utilise cette méthode pour améliorer les chances de procréation à l’avenir. Ce sujet sera d'ailleurs débattu lors des États généraux de la bioéthique, débutant le 21 janvier, permettant d'explorer les enjeux éthiques associés à la médecine moderne.







