Sarah Knafo, Emmanuel Grégoire, Sophia Chikirou et Rachida Dati, bien que différents, partagent une source d'inspiration commune : Zohran Mamdani, le jeune maire de New York.
Son parcours impressionnant, de la dernière position dans les sondages à une victoire remarquable, fait vibrer la scène politique parisienne.
Mamdani, avec un programme à gauche, influence même ceux qui sont opposés à ses valeurs. Sarah Knafo, candidate de l'extrême droite avec son parti Reconquête, s'inspire visuellement de ses campagnes dynamiques.
Knafo adopte une approche optimiste similaire, utilisant des lieux quotidiens comme le métro pour faire passer ses messages, tout en affirmant, à travers son directeur de la communication numérique, Samuel Lafont, que ce n'est pas un simple "copier-coller".
Rachida Dati, candidate de LR et MoDem, tente également de se rapprocher du style engageant de Mamdani, comme l’a montré une de ses vidéos virales dans laquelle elle apparaît en jaune avec des éboueurs.
Cependant, Knafo reste en tête sur TikTok, comme l’a rapporté la société Visibrain. Paul Brounais, expert en communication politique, rappelle que l'impact des vues en ligne ne se traduit pas nécessairement en votes.
- "Ville Insoumise" -
Zohran Mamdani, tout en s’appuyant sur un important réseau de militants, montre que s'inspirer des États-Unis n'est pas nouveau. Jen Schradie, sociologue spécialisée dans la démocratie numérique à Sciences Po, souligne que même Emmanuel Macron avait emprunté des éléments de la campagne d’Obama.
Néanmoins, beaucoup de politiciens français n'ont pas été aussi habiles que leurs homologues américains sur les réseaux sociaux. C'est un paradoxe que Mamdani, en redynamisant la gauche, semble résoudre : "Historiquement, la droite a dominé la communication sur Internet", note Schradie.
Emmanuel Grégoire, en tête d'une coalition de gauche non Insoumise, s’efforce de capitaliser sur cette dynamique. Il utilise de courtes vidéos percutantes, comme celle où il parle du coût de la vie tout en dégustant un kebab, pour attirer l’attention des électeurs.
Pour lui, l'approche Mamdani pourrait bien être la clé pour combattre des droites plus extrêmes. Chacun interprète la victoire du maire américain à sa manière. La gauche radicale y voit une opportunité d'affirmer que la modération n'est pas une condition sine qua non pour l'emporter.
Sophia Chikirou, candidate LFI, va même jusqu'à promettre de faire de Paris la « plus grande ville Insoumise du monde, après New York, après Mamdani ».
- "Ce qui se fait à New York" -
Cette influence ne se limite pas à Paris. À Marseille, Sébastien Delogu, représentant de LFI, y voit un modèle à suivre, rappelant que Mamdani a commencé avec des sondages à 1% avant de s’imposer.
Le maire sortant d’Arnaud Robinet à Reims adopte également une esthétique similaire à celle de Mamdani. Son directeur de campagne, Xavier Albertini, admet s'inspirer de New York pour capter "l'air du temps".
Cependant, Paul Brounais souligne que reproduire le style de Mamdani n'est pas à la portée de tous : chaque candidat doit trouver un équilibre entre innovation et authenticité. "Il faut garder une forme de sincérité, sinon cela peut desservir", prévient-il.







