Le ministre de la Santé, Sébastien Lecornu, a récemment signé deux décrets significatifs qui modifient l’Aide Médicale d'État (AME) destinée aux immigrés sans papiers. Les mesures visent principalement à lutter contre la fraude et à moderniser l'accès informatique pour les consulats, permettant une gestion plus efficace des dossiers. Pour l'heure, la formule du « panier de soins » reste inchangée, selon des annonces officielles.
Selon un entretien publié dans Le Monde, Lecornu a affirmé que l’AME est "absolument indispensable pour garantir un accès aux soins" et qu'il est crucial de conserver ce dispositif tout en portant des améliorations.
Le premier décret a pour objectif de "renforcer la lutte contre la fraude", envisagée avec des économies potentielles de 180 millions d'euros. Le second, quant à lui, a pour but de moderniser les systèmes informatiques de l'État afin de permettre à tous les fonctionnaires concernés d'accéder facilement aux informations nécessaires.
La question d’un éventuel remaniement du panier de soins a également été abordée par Lecornu, qui avance que "des révisions devront probablement être envisagées", tout en précisant qu'"actuellement, tout est encore à discuter".
Des critiques émanent pourtant, notamment de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, qui accuse le gouvernement d'aggraver l'attractivité migratoire en méconnaissant les inquiétudes des Français, dont la prise en charge des soins ne cesse d’augmenter. Ainsi, elle a commenté sur les réseaux sociaux, soulignant l'impact financier sur les contribuables.
Face à cette situation, un rapport de 2023, coécrit par l'ancien ministre Claude Evin et le haut-fonctionnaire Patrick Stefanini, a recommandé d’adapter la liste des prestations accessibles. Ils ont aussi mis en avant un meilleur encadrement des ressources des demandeurs de l’AME.
Afin d’alléger le fardeau administratif sur les préfectures, Lecornu a proposé le développement d'une "application d'intelligence artificielle". Cette innovation vise à optimiser le traitement des demandes de titres de séjour et à soulager le personnel en charge des dossiers. Suite à cela, cinq préfectures seront désignées comme pilotes de ce projet en 2026, avec une généralisation pour 2027 prévue.







