Le 9 mai 2026, Jean Turco, doyen des Français et âgé de 108 ans, a inauguré un espace à son nom au Normandy Victory Museum de Catz, dédié à la bataille de France de juin 1940. Lors de cet événement, il a également offert une conférence passionnante devant un auditoire captivé.
Casquette bien ajustée et sourire éclatant, Jean Turco a fait sensation au Normandy Victory Museum, situé à Carentan-les-Marais. Cet espace retrace les événements tragiques de mai-juin 1940, période à laquelle le vétéran a lui-même combattu. Cette inauguration a été hautement symbolique pour celui qui a vécu des moments cruciaux de notre histoire.
Jean Turco, né à Villejuif en 1917, a été naturalisé Français à l'âge de 15 ans. Sa carrière militaire a débuté en 1938 au 3ème Régiment de Hussards, et lors de l'éclatement de la guerre, il a été intégré au 46e Groupe de reconnaissance de Division d'infanterie (GRDI). "Cette guerre n'aurait jamais dû avoir lieu. Après le Traité de Versailles, les Allemands n'avaient pas le droit d'agir, mais la France et ses alliés ont laissé faire", déclare-t-il, ajoutant un éclairage critique sur les événements ayant mené aux conflits.
Durant les combats, le 19 juin 1940, Turco et ses camarades de régiment ont été chargés d'arrêter l'avancée allemande à Épinal. La réalité du terrain, tellement éloignée de ce qu'ils avaient appris, les a surpris. "On ignorait que Pétain avait signé l'armistice", se remémore-t-il. Blessé sous le bras par un éclat d'obus, il a raconté que son opération avait été réalisée par un interne étudiant, un témoignage qui ajoute une touche personnelle à son récit.
"On a été donnés par Pétain"
Jean Turco a ensuite été fait prisonnier et a connu la détention à Saint-Dié. "On nous dit souvent que les soldats français levaient les mains, mais ce n'est pas la réalité. C'est Pétain qui a cédé 400 000 hommes", explique-t-il. Des données historiques révèlent plus de 58 000 morts et 123 000 blessés parmi les troupes françaises, et Jean Turco souhaite que les sacrifices de ses camarades soient reconnus.
Son expérience en Allemagne en tant que prisonnier a été dure. Sur des chantiers tels que l'autoroute Stuttgart-Munich, il a appris à adopter une attitude prudente face à leurs gardiens. "L'objectif était de ralentir le travail, sans faire de sabotage, pour éviter d'être fusillé", explique-t-il. Une vidéo de son entretien est disponible dans l'espace qui porte désormais son nom, permettant au public d'entendre de première main sa riche expérience.







