En Seine-Maritime, des bénévoles innovants utilisent des drones dotés de caméras thermiques pour protéger les jeunes faons des dangers lors de la saison de fauche. Ce dispositif offre un soulagement non seulement aux animaux mais également aux agriculteurs, préoccupés par les accidents potentiels.
Chaque année, un grand nombre de faons deviennent victimes des faucheuses, un phénomène souvent lié à leur instinct de rester immobiles lorsqu'ils perçoivent une menace. Selon les experts de l'Association départementale de sauvetage des faons 76, ce réflexe naturel les rend particulièrement vulnérables lors des opérations agricoles.
Des drones thermiques pour repérer les animaux
Pour contrer ces accidents, les bénévoles se mobilisent dès l'aube, lorsque les variations de température facilitent l'identification des faons cachés dans les herbes hautes. Comme l'explique Olivier Dorson, membre de l'association, "Les faons se distinguent facilement en raison de leur température corporelle plus élevée que celle de l'herbe environnante." Grâce à un équipement sophistiqué, ils peuvent également détecter d'autres animaux, mais s'assurent de concentrer leurs efforts sur les faons.
Les conditions météorologiques jouent également un rôle crucial dans cette opération. "Lorsqu'il fait frais le matin, les différences de température sont plus marquées, rendant les faons plus visibles," ajoute-t-il en soulignant l’importance de chaque intervention.
Déplacer les faons en zone sécurisée
Le jour de l'opération, deux faons ont été localisés sur six parcelles près de Dieppe avant le passage des machines. Une fois repérés, les animaux sont délicatement déplacés vers des endroits sécurisés en dehors des zones de fauchage. "Nous les mettons en sécurité là où l’agriculteur ne va pas faucher," précise François Fihue, un autre membre de l'association.
L'action des bénévoles est particulièrement appréciée par les agriculteurs, qui prennent de plus en plus l'initiative de faire appel à l'association avant d'entreprendre des travaux de fauche. Comme le confie Martin Tannai, agriculteur et membre actif, "Cela m'est déjà arrivé de blesser un faon dans la faucheuse. Grâce à cette initiative, je peux travailler l'esprit tranquille."
Plus de 100 faons sauvés l’an dernier
Avec une météo propice, les bénévoles prévoient de multiplier les interventions dans tout le département. L'an passé, 118 faons ont été sauvés grâce aux efforts des équipes sur le terrain, reflétant ainsi l'impact positif de cette initiative. Cette action conjointe représente un vrai pas en avant pour la préservation de la faune locale.
Cette pratique innovante fait écho aux tendances actuelles de la conservation et de l'agriculture durable, alliant technologie et protection de la nature.







