Tout récemment, une étude réalisée par l’Institut Paris Region (IPR) a révélé que plus d'un million de personnes vivant en Île-de-France, soit plus de 8% de la population, sont situées dans des zones à risque d'inondation majeure, comparable à celle de la Seine en 1910.
Près de 555.000 logements de la région, surtout des habitations collectives, se trouvent sur des terrains vulnérables, principalement le long des rivières Seine et Marne. Ces crues peuvent révéler une montée des eaux progressive, une menace significative pour les résidents.
Bien que les crues centennales, celles ayant une probabilité de survenir une fois par siècle, ne puissent être prédites, elles permettent aux autorités d'alerter les populations et de réduire les dégâts potentiels. "Il est crucial d'identifier les habitants vulnérables pour les sensibiliser à ces risques", explique Ludovic Faytre, géographe urbaniste à l'origine de l'étude, en se référant aux événements tragiques de 1910 où de nombreuses communes demeurèrent sous l'eau pendant des semaines.
Lors de la dernière crue notable en 2016, l'impact avait surtout touché la vallée du Loing, un affluent clé de la Seine. Les zones les plus densément peuplées, comme Paris et sa proche banlieue, concentrent plus de 70% de cette population exposée.
Le 15e arrondissement de Paris, notamment le quartier de Beaugrenelle, est en tête de liste avec près de 70.000 personnes à risque. D'autres communes comme Alfortville (Val-de-Marne) et Asnières-sur-Seine figurent également parmi les plus touchées, selon les données de l’IPR.
Depuis l'instauration des premiers plans de prévention des risques d'inondation au début des années 2000, plus de 100.000 logements ont vu le jour dans des zones considérées comme inondables. "Ces plans ont joué un rôle crucial pour freiner l’urbanisation dans les zones à risques, même s'ils n'ont pas entièrement maîtrisé la densification", note Faytre.
Dans un marché du logement en tension, la réhabilitation d'anciens sites industriels le long des cours d'eau est essentielle pour trouver des solutions. Les appartements situés au rez-de-chaussée sont les plus exposés, mais il est important de rappeler que ceux situés dans les étages supérieurs ne sont pas à l'abri des conséquences telles que des coupures d'électricité, souligne encore l'expert.
Selon un rapport de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur), si une crue similaire à celle de 1910 devait se reproduire dans le périmètre de la Métropole du Grand Paris, cela affecterait 600.000 personnes, avec des millions d'individus privés d'eau potable et un million d'entre eux se retrouvant sans électricité.







