À Metz, la cour d'assises se prépare à juger un dossier complexe concernant un réseau de trafic de stupéfiants, six ans après la découverte d'un laboratoire clandestin. Les tirages au sort pour sélectionner des jurés s'effectuent actuellement, comme en mairie de Moyeuvre-Grande.
L'enquête débute en mai 2020, lorsque la police judiciaire de Metz reçoit des informations sur un important trafic dans la région de Rombas-Amnéville, alors que le confinement touche à sa fin. Les enquêteurs surveillent avec attention un trafiquant de 39 ans, connu pour ses allers-retours fréquents en Belgique et aux Pays-Bas, utilisant la méthode du go-fast, où des véhicules rapides sont employés pour transporter la drogue.
Le trafiquant, au volant d'un Nissan Juke, a été observé transportant de la drogue cachée sous le tableau de bord et dans le coffre. Malheureusement, deux semaines plus tard, l'homme décède dans un accident de voiture. Les enquêteurs exploitent alors son téléphone et découvrent que l'un de ses associés, surnommé Babar, a pris le relais du trafic depuis un appartement situé avenue de Strasbourg à Metz.
Une découverte inquiétante : plus de 40 kilos d'héroïne
Cette affaire prend une tournure dramatique, alors que les policiers découvrent un laboratoire d'héroïne dans l'appartement de Babar. Ils retrouvent des équipements tels que des presses artisanales, des balances, des chalumeaux et près de 40 kilos d'héroïne, ainsi que 4 kilos de cocaïne et 70 grammes de résine de cannabis. D'autres trafiquants, comme le frère de Babar et un individu connu sous le nom de Tulipe, fréquentent également le laboratoire.
Quatorze personnes identifiées par l'ADN
Le 7 juillet 2020, la police effectue un raid matinal au domicile de Tulipe, trahi par des messages envoyés via Encrochat, une messagerie prisée par les criminels. Bien qu'interpellé, les deux frères restent introuvables durant plusieurs mois. En avril 2021, le cadet est arrêté, tandis que Babar se rend de lui-même en janvier 2022.
Le laboratoire de l'avenue de Strasbourg révèle plusieurs traces ADN, conduisant à l'interpellation de quatorze suspects, dont douze comparaîtront devant la cour cette semaine. Un avocat des prévenus souligne la complexité du dossier : "Ça va être du funambulisme pour démêler le rôle de chacun". Bien que reconnu comme un point de transit pour la drogue, les prévenus n'admettent pas l'existence du laboratoire.
Ce procès intervient près de six ans après les premières interpellations, suscitant des critiques sur les délais de jugement, qui sont jugés "extrêmement longs". Tous les accusés ont été libérés de détention provisoire, le dernier ayant quitté la prison en août 2022.







