La cour d'assises des mineurs de Metz a entamé mardi le procès d'un homme de 19 ans accusé de multiples viols et agressions sexuelles sur sept jeunes filles de son entourage, les faits remontant jusqu'à ses six ans. Cette audience, sous le régime de la publicité restreinte, se déroule jusqu'à vendredi, permettant uniquement aux victimes, témoins et proches de l'accusé d'y assister.
Sur le banc des parties civiles se trouvent les sept jeunes victimes, certaines visiblement ébranlées, accompagnées de leurs parents. Selon Zakia Ait Ali Slimane, avocate de deux d'entre elles, "nos clientes sont inquiètes, stressées et fragiles. Elles ont déjà dû suivre plusieurs séjours en psychiatrie".
Charlotte Cordebar, avocate des cousines de l'accusé, souligne lurgente quête de reconnaissance de leur statut de victimes, ainsi que des excuses. L'une des cousines a révélé les abus en octobre 2022, après avoir traversé une crise personnelle, rendant le contexte familial d'autant plus complexe. "Elles ressentent une profonde culpabilité, comme si elles trahissaient leur famille", affirme-t-elle.
L'accusé, dont les infractions ont eu lieu en Lorraine entre 2013 et 2023, aurait, entre autres, agressé sexuellement deux de ses cousines à partir de 2013 et jusqu'en 2019, souvent sous la contrainte et parfois avec violence, y compris des menaces impliquant un couteau.
Les accusations se poursuivent avec d'autres victimes, dont une camarade de lycée, qui a déclaré avoir été agressée après la sortie d'un bus. À travers les témoignages, se dessine un tableau perturbant où des menaces de dévoiler des photos compromettantes ont été utilisées pour contrôler les jeunes filles.
Sur le plan familial, des témoins évoquent une dynamique pathologique. D'après l'expertise psychiatrique, l'accusé aurait déjà démontré une tendance à la violence, faisant preuve d'une colère tournée vers autrui et affichant une absence d'empathie. Les experts décrivent ses comportements comme potentiellement révélateurs d'un trouble psychopathique.
Ses avocats mettront leur défense en avant après que le tribunal ait rendu son verdict, attendu vendredi. Il convient de rappeler que selon les lois françaises, un mineur de moins de 13 ans bénéficie d'une présomption de non discernement, bien qu'une sanction éducative puisse être appliquée s'il est jugé capable de discernement.







