Alors que s’annonce l’installation de nouveaux vitraux contemporains, une centaine de jeunes du Rassemblement National ont manifesté ce samedi devant la cathédrale de Paris, s'élevant contre ce qu'ils qualifient de violation des règles patrimoniales par le président Emmanuel Macron.
« Ce n’est pas seulement une question culturelle, mais le symbole d’un président qui se croit au-dessus des lois », a déclaré Clara, responsable de la section Île-de-France du Rassemblement national de la jeunesse (RNJ), face à la cathédrale. Cette protestation fait suite à la décision du tribunal administratif de Paris, qui, le 19 mai, a refusé de suspendre le retrait des vitraux de Viollet-le-Duc, une décision qualifiée d’inadmissible par les associations Sites et Monuments et SOS Paris.
Le juge a estimé que l’urgence n’était pas avérée, le retrait étant réversible, bien que la décision finale reste à venir.
Rassemblés sous une banderole proclamant « Viollet-le-Duc effacé, patrimoine menacé », les militants ont été rejoints par le sénateur Aymeric Durox. L’élu de Seine-et-Marne a dénoncé un manquement aux promesses présidentielles faites après l’incendie de la cathédrale, accusant Macron de ne pas respecter non plus l’argent des contribuables, en faisant référence à la pétition de Didier Rykner, qui a recueilli plus de 335 000 signatures.
Les manifestants ont entonné la Marseillaise pour exprimer leur désaccord. Un collaborateur a précisé : « Les vitraux contemporains ne posent pas problème en soi, ce qui nous dérange, c’est l’autoritarisme de Macron, agissant en dehors des règles établies. »
La Commission nationale du patrimoine et de l'architecture (CNPA) a, à deux reprises, exprimé son désaccord face à ce projet, invoquant la Charte de Venise, qui établit que « les éléments de décoration qui font partie intégrante du monument ne peuvent en être séparés que lorsque cette mesure est la seule susceptible d’assurer leur conservation ». Les vitraux de la nef et des chapelles sud avaient été « miraculeusement préservés » des flammes, a rappelé une manifestante.
« Le contemporain oui, mais bien fait », a-t-il ajouté, reprenant l'avis de la CNPA qui suggérait d'éventuellement installer les nouveaux vitraux à la place de ceux des beffrois, actuellement uniquement blancs. Alors que les travaux devraient commencer prochainement, le sénateur Durox exhorte les citoyens à s'engager, car « chaque minute compte ».







