Les hôpitaux, médecins et services d'urgence cherchent à faire face à une montée sans précédent des besoins de santé en raison de la canicule. D'après un rapport de l'AP-HP publié le 27 juin, les appels aux Samu dans quatre départements franciliens ont grimpé de 80 % au cours de la semaine dernière. Bien que l’épisode de chaleur extrême semble toucher à sa fin, les autorités sanitaires s'attendent à ce que la pression sur les hôpitaux persiste plusieurs jours encore.
La semaine passée a été marquée par des températures record, entraînant une soudaine hausse de la mortalité et une surcharge des services d’urgence. Les Samu de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont observé une intensification alarmante de la demande, avec une augmentation de 36 % des passages aux urgences par rapport à une journée normale, et 8 % par rapport au jour précédent.
Un effet cumulatif de chaleur et de pollution
Le rapport de l'AP-HP mentionne que « le taux d’hospitalisation après un passage aux urgences reste stable, autour de 20 % sur l’ensemble des passages », atteignant plus de 50 % chez les personnes âgées de plus de 75 ans. Antoine Alibert, adjoint au maire de Paris responsable de la santé, a décrit la situation comme une « saturation exceptionnelle » des hôpitaux parisiens, précisant que « nous faisons face à une crise sanitaire sans précédent », exacerbée par un « pic de pollution à l’ozone ».
Face à cet état de crise, la CGT a envoyé une lettre ouverte au Premier ministre le 26 juin, lui demandant d’adopter des mesures immédiates pour soutenir le service public hospitalier, accablé par la chaleur. Les appels au secours pour des réformes durables se multiplient.
Des profils de patients en alerte
Selon des experts de Santé publique France, chaque élévation de quelques degrés peut provoquer une hausse significative des décès, affectant non seulement les personnes âgées mais aussi une part croissante de la population jeune. Le Dr Jérôme Cuny, responsable adjoint du Samu du Nord, a noté que de nombreux patients admis étaient des individus âgés de 30 à 50 ans.
Les autorités de Matignon préviennent que la pression sur les hôpitaux devrait se prolonger plusieurs jours, incitant l'Agence régionale de santé (ARS) dÎle-de-France à activer un « plan blanc » pour tous ses hôpitaux. A noter que le gouvernement a aussi mobilisé la réserve sanitaire pour un mois, afin de faire appel à des professionnels de santé volontaires susceptibles de renforcer les équipes dans ce contexte de crise.
Une accalmie attendue en fin de week-end
Malgré la gravité de la situation, Météo-France prévoit une amélioration dès dimanche soir, mettant ainsi fin aux alertes de canicule dans 37 départements concernés. Cette prévision pourrait apporter un soulagement bienvenu aux systèmes de santé en lutte contre la vague de chaleur persistante.







