Le planning familial du Bas-Rhin a été une nouvelle fois la cible de vandalismes, avec des inscriptions anti-avortement qui sont apparues sur ses murs. Les employés ont découvert ces tags le vendredi 16 janvier, témoignant d'une recrudescence d'attaques dont le lieu souffre depuis plusieurs années.
Dans un communiqué rendu public sur les réseaux sociaux et relayé par France 3 Grand-Est, les responsables de la structure ont signalé avoir retrouvé des slogans "anti-choix" sur la porte de leurs locaux, incluant des fausses informations sur l'avortement et des attaques ciblées contre les médecins de l'association.
Alice Ackermann, co-présidente du planning familial 67, souligne que ce type d'attaque ne constitue pas un événement isolé. Elle affirme que l’objectif des vandales est de "nous intimider", ainsi que le public qui fréquente le lieu, par des actions visant à désinformer et menacer. Elle déplore également que les plaintes déposées après de tels incidents n’aient pas abouti, même lorsque des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont permis d'identifier les auteurs. Ce sentiment d'impunité affecte gravement le moral des employés.
Un droit constitutionnel en péril
L'association évoque un climat de peur alors que des idéologies conservatrices montent en flèche, menaçant la légitimité du droit à l'avortement, qui est pourtant inscrit dans la Constitution française. Alice Ackermann insiste : "Bien qu'il soit formellement protégé, cela ne signifie pas que ce droit est acquis pour toujours." Elle note également que les réseaux sociaux, avec la montée de mouvements comme ceux des "trad wives" et des groupes masculinistes, alimentent une hostilité croissante envers ce droit fondamental.
Depuis son ouverture en 1966, le planning familial du Bas-Rhin, qui emploie une dizaine de salariés et s'appuie sur un réseau de bénévoles, offre un soutien précieux à la population locale sur des enjeux de santé sexuelle, incluant la contraception, le dépistage des IST et la sensibilisation aux violences sexuelles. En 2024, près de 6 000 personnes ont pu bénéficier de ses services, comme le rapporte France 3.
Face à ces nouvelles agressions, le planning familial de Strasbourg lance un appel à la solidarité et à la vigilance pour défendre les droits des femmes. L'importance des actions de sensibilisation et d'éducation à la sexualité se révèle plus cruciale que jamais.







