L’étude soutient que cette réalité, bien que préoccupante, était attendue. Sa publication permet d’objectiver la gravité de la santé mentale chez ces enfants qui peuvent être à la fois victimes et auteurs de harcèlement, d'après les résultats de l'étude Enabee 2022.
Les résultats de cette étude montrent qu'il ne s’agit pas seulement d’une analyse des victimes, mais qu'elle considère aussi des enfants avec des comportements agressifs.
Un aperçu préoccupant
Plus de 16% des enfants de l'école primaire sont potentiellement victimes de harcèlement, tandis que près de 18% affichent des comportements agressifs. Environ 6% cumulent les deux statuts, selon un communiqué de Santé publique France.
Ces résultats proviennent d'un échantillon de 8 200 élèves, avec des réponses collectées auprès de parents et d'enseignants, qui ont évalué divers comportements à l'école.
Il est intéressant de noter une disparité de genre : les filles sont davantage identifiées comme victimes, alors que les garçons sont souvent perçus comme plus agressifs.
Des conséquences mentales alarmantes
En croisant ces résultats avec des données sur les troubles de santé mentale, il en ressort que 40,9% des enfants confrontés à la fois à la victimisation et à l’agressivité présentent des troubles mentaux, contre seulement 7% pour les enfants non concernés par le harcèlement.
Mariane Sentenac a souligné l'importance d’une prise en charge adéquate, précisant : "Pour certains enfants, l’agressivité peut être un mécanisme de défense face à une souffrance émotionnelle." Les résultats soulignent le besoin d’attention particulière envers ces jeunes.
Un contexte familial discriminant
L’étude a aussi relevé que les enfants touchés par le harcèlement ou présentant des comportements agressifs proviennent souvent de familles monoparentales et possèdent un niveau socio-économique plus défavorisé. Ce constat soulève des questions sur les ressources disponibles pour ces familles, ce qui est essentiel à l’heure où la prévention du harcèlement à l'école est cruciale.
Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France, a fait valoir que des mesures de prévention et d'identification sont essentielles pour contrer ce phénomène inquiétant. Dans ce cadre, le numéro 3018 a été établi pour permettre une assistance gratuite, anonyme et confidentielle aux victimes, parents et enseignants.
3018 : numéro unique contre le harcèlement
Le 3018 est un service d'écoute et de soutien disponible pour tous ceux confrontés à des situations de harcèlement.







