Dans le quartier en question, souvent décrit comme un véritable casse-tête pour les résidents, une guerre silencieuse s'est instaurée autour des places de stationnement gratuites. Les habitants ne se laissent pas faire et mettent en œuvre des stratagèmes astucieux pour garder leurs emplacements.
Comme le décrit Actu, la concurrence entre riverains et automobilistes, souvent d'autres travailleurs séduits par la gratuité du stationnement, est quotidienne. Malgré les inconvénients, les résidents optent pour des solutions artisanales pour garder une voie dégagée devant leur domicile.
Des poubelles, des plots de signalisation ou même des remorques abandonnées sont autant de stratégies utilisées pour occuper providentielles places lorsque les propriétaires s'absentent. Certes un peu cavalières, ces méthodes visent à empêcher de devoir se garer « illégalement » sur des trottoirs ou dans des espaces verts, afin d’éviter une amende sans équivoque.
Des salariés qui abandonnent leur voiture et optent pour le vélo
La problématique du stationnement, qui se renforce au fil des ans, semble particulièrement marquée dans les zones adjacentes au Parlement européen et à l'immeuble d'Arte. Guy, un résident présent depuis 25 ans, affirme que de nombreuses personnes profitent de la gratuité pour laisser leurs véhicules, préférant partir travailler à vélo. Jean-Jacques, un autre habitant de la région depuis plus de cinq décennies, fait également référence à ces voitures « ventouses », qui appartiennent souvent à des travailleurs des bureaux alentour, notamment ceux du quartier du Wacken.
Melanie, pour sa part, témoigne d'une voiture immatriculée en Allemagne garée devant chez elle depuis deux semaines. Elle relate des situations où des usagers utilisent ce secteur comme un stationnement de longue durée, profitant ensuite des navettes pour rejoindre les aéroports de Strasbourg ou même de Francfort, comme le rapporte Actu Strasbourg.
De son côté, la municipalité de Strasbourg reconnaît les enjeux auxquels les citoyens sont confrontés. Pierre Ozenne, élu en charge des questions de stationnement, admet que les résidents font face à des désagréments liés à des événements au Rhénus ou au Parlement européen. Un projet d'aménagement, qui inclurait des marquages au sol et l’introduction de places en zone bleue près d’une école maternelle, est en cours de planification, avec l’espoir d’y voir aboutir cet été. Pierre Ozenne indique également qu'un débat pourrait avoir lieu autour du stationnement payant, seulement si la communauté locale exprime un soutien.
Voitures "ventouses" : ce que dit la loi
Selon l’article R.417-12 du Code de la route, un véhicule laissé plus de sept jours consécutifs au même emplacement sur la voie publique enfreint la loi. Les municipalités peuvent cependant définir des délais plus courts, parfois de 24 à 48 heures. L’amende prévue s’élève à 35 euros (une contravention de 2e classe), et le véhicule peut être mis en fourrière en cas de refus du propriétaire. Notons que ces règles ne s’appliquent pas dans les parkings privés ou pour les épaves, qui sont régis par un autre cadre juridique.







