Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a déclaré lundi que l'école ne pouvait pas endosser seule la responsabilité dans la lutte contre le harcèlement. Il a ainsi encouragé « adulte, enfant, témoin, victime » à composer le numéro de téléphone dédié au sein de son interview sur Franceinfo.
« Nous œuvrons à l'école, mais au-delà de cet environnement, cela devient délicat. L'école ne peut pas faire face à toutes ces problématiques », a-t-il affirmé, en réponse à la douleur collective consécutive au suicide d'une lycéenne en Seine-et-Marne récemment.
Pour lui, la lutte contre le harcèlement parmi les jeunes, un phénomène à la fois répandu et insidieux qui s'étend également aux réseaux sociaux, requiert avant tout une continuité de formation, et non simplement des moyens financiers.
« Nous avons tous un rôle à jouer pour la sécurité de nos enfants. Que vous soyez adulte, enfant, témoin ou victime, il est crucial de décrocher votre téléphone et d'appeler le 3018, un service gratuit, anonyme et confidentiel », a-t-il insisté. « Notre rôle est d'assurer un suivi après cet appel. »
Edouard Geffray a mentionné le programme Phare, destiné à être déployé dans toutes les écoles, en promettant de relancer cette initiative auprès des recteurs et directeurs académiques pour un renforcement des efforts dans ce domaine.
Ce programme repose sur un réseau de 150 responsables académiques et départementaux chargés de traiter les signalements de harcèlement effectués par les établissements, comme précisé sur le site du ministère de l'Éducation.
Concernant le suicide tragique de Camélia, une élève de 17 ans, Edouard Geffray a rapporté avoir reçu certaines alertes « probablement au niveau de l'établissement », mais peu d'informations au-dessus de ce niveau.
« Nous n'avons pas de tribunal numérique en France. Il est important de ne pas tirer de conclusions hâtives quant aux responsabilités. Une enquête est en cours et des mesures seront prises si nécessaires », a-t-il rassuré.
Environ 2000 personnes se sont réunies dimanche en mémoire de Camélia. Actuellement, une enquête pénale sur le « harcèlement scolaire ayant conduit à un suicide » ainsi qu'une enquête administrative sont en cours, comme l'indique Les Echos.







