Le "Baromètre du numérique", publié le 9 février 2026 par le Crédoc, révèle que l'adoption de l'intelligence artificielle générative a bondi de 15 points en un an. Actuellement, près de la moitié des Français (48 %) ont intégré cette technologie dans leur quotidien.
Les résultats de cette étude, réalisée par des institutions telles que l'Arcep, le CGE, l'Arcom et l'ANCT, témoignent d'une transformation radicale de nos pratiques. L'intelligence artificielle n'est plus une simple curiosité technologique, mais un outil omniprésent, s'imposant à un rythme jusque-là inégalé, qui laisse les smartphones loin derrière. Comme le souligne cette étude, "l'IA générative a atteint ce niveau d'adoption en trois ans, alors que le smartphone avait nécessité sept années". Ce changement de paradigme redéfinit notre rapport aux technologies numériques et établit de nouveaux standards de productivité.
Un assistant personnel pour les jeunes et les cadres
L'adoption de cette technologie n'est pas uniforme et révèle une France à deux vitesses sur le plan numérique. L'utilisation de l'IA est particulièrement marquée chez les jeunes adultes, avec une adoption atteignant 85 %, ainsi que chez les cadres, à 76 %. Environ un tiers des utilisateurs s'en servent quotidiennement. On observe également une concentration de l'usage autour de deux agents conversationnels principaux, qui facilitent les interactions humaines avec la machine, un signe de la manière dont nos comportements de consommation numérique se structurent rapidement.
Qu'est-ce qui explique un tel engouement ? Le pragmatisme l’emporte. Pour 74 % des répondants, les principales motivations sont "le gain de temps et l'ergonomie". Les applications les plus courantes incluent la recherche d’informations (73 %), l’assistance à la rédaction et traduction de texte (58 %), ainsi que la génération de nouvelles idées (57 %). Pour les 18-24 ans, l'IA prend même le relais des professeurs particuliers : plus de 73 % d'entre eux l'utilisent pour l'aide aux devoirs, soulignant une vraie révolution dans les méthodes d'apprentissage.
Entre efficacité redoutable et doutes persistants
Les moteurs de recherche traditionnels voient leur place remise en question. Dans de nombreux cas, l'IA s'avère préférée pour la création de contenu, la programmation ou le traitement de données. Cependant, cette adoption rapide n'est pas exempte de réticences. La méfiance, bien qu’en recul, reste un obstacle majeur. En 2025, 52 % des Français expriment encore des doutes, citant le "manque de confiance dans les réponses fournies et l’incertitude sur l’usage de leurs données personnelles" comme des préoccupations principales.
A cela s'ajoute une prise de conscience écologique croissante. Près de 46 % estiment que "l'impact environnemental de l'IA est supérieur à celui des moteurs de recherche". Ainsi, bien que l'IA séduise par ses capacités, les utilisateurs sont de plus en plus vigilants quant à leur empreinte carbone.
Méthodologie : Cette étude a été réalisée par le Credoc, portant sur un échantillon représentatif de 4 145 personnes âgées de 12 ans et plus, interrogées par téléphone et en ligne.







