À Hagenbach, la communauté est en émoi après la découverte d'un enfant séquestré pendant plus d'un an. Cette affaire soulève d'importantes questions sur les failles du système administratif et éducatif qui ont permis à l'enfant de rester invisible, malgré les obligations légales de suivi.
Pour découvrir l’intégralité de cette tragique histoire, visionnez notre reportage.
Le 15 avril à Hagenbach, il est difficile de recueillir des témoignages auprès des habitants, tant le choc est palpable. Les portes restent closes, et les riverains préfèrent garder le silence. Une voisine, dont la maison est mitoyenne à la cour où l'enfant a été retenu, témoigne : "Il n’y avait pas de bruit, rien du tout. Si j’avais entendu quelque chose, je me serais sûrement inquiétée."
Comment est-il possible qu’un enfant ait pu être ainsi caché pendant plus d’un an ? Une autre résidente se souvient avoir aperçu l’enfant une seule fois, lorsque son père et sa compagne sont arrivés dans le village. Elle relate : "Il m’avait dit qu’il l’avait mis en psy. Au fil du temps, j’ai trouvé cela étrange. Mais quand on ne reçoit plus d’informations, on finit par cesser de questionner."
Un enfant disparu des radars
L’enfant a disparu non seulement de la vue des voisins, mais aussi des systèmes administratifs. En mars 2024, la famille quitte Mulhouse pour s'installer à Hagenbach, un village de 800 habitants. Bien que la famille se soit signalée à la mairie avec ses trois enfants, le garçon termine son année de CP à Mulhouse jusqu'en juillet. À la rentrée suivante, son père informe son école de son intention de le scolariser ailleurs, mais l'enfant ne rejoint ni l'école d'Hagenbach ni une autre. Guy Bach, l'ancien maire, explique : "Les enfants arrivent scolarisés et ont le droit de poursuivre leur cycle sans changement d'école."
Selon le code de l’éducation, chaque maire doit dresser une liste des enfants en âge d’être scolarisés dans sa commune. Cependant, cette règle est souvent mal comprise et difficilement applicable, surtout dans les zones rurales. Cette carence souligne un dysfonctionnement, comme l’indique Laurent Boyet, président de l’association "Les Papillons" : "Si un enfant est retiré d'une école, est-ce qu'il est scolarisé à domicile ? Cette preuve doit être apportée, mais elle a fait défaut dans cette affaire."
Alors que l’enquête judiciaire est en cours, une enquête administrative a également été ouverte pour examiner les éventuelles carences dans la gestion de ce dossier troublant.







