Quatre jeunes hommes ont été jugés à Évry-Courcouronnes pour une série de vols audacieux ayant ciblé des commerces à travers l’Ile-de-France. Leur objectif principal : les boulangeries et leurs précieux monnayeurs. Trois d'entre eux ont été condamnés à des peines de prison.
Kyllian S. M., l’un des prévenus, se montre peu coopératif pendant l’audience, répondant par des phrases vagues : « Je sais pas » ou « je m’en rappelle plus ». Pourtant, après avoir longtemps nié son implication, il finit par admettre les faits qui lui sont reprochés. Cela inclut une série de cambriolages à la voiture-bélier dans plusieurs départements comme l’Essonne, la Seine-et-Marne, ou le Val-de-Marne.
Âgé de 20 ans, Kyllian est considéré comme le cerveau de l’opération, associé à trois complices qui présentent une allure similaire : jeunes, tous les cheveux plaqués et vêtus de marques.
Des Fiat 500 comme béliers
Entre décembre 2025 et janvier 2026, cette bande a multiplié les cambriolages de nuit en suivant un schéma précis. La première étape consistait à repérer des commerces, ciblant principalement les boulangeries, mais ne se privant pas d'autres établissements comme une boucherie, une poissonnerie, ou un bureau de poste.
Ensuite, ils dérobaient des voitures pouvant servir de béliers. Intriguant, ils ont presque systématiquement choisi des Fiat 500, probablement pour leur facilité de vol, bien que les raisons exactes demeurent floues.
La dernière étape de leur plan était de foncer dans la vitrine jusqu’à la faire céder, pour saisir le monnayeur à l’intérieur. Les gains variaient, allant de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros, mais parfois, ils ne ramenaient rien.
Les suspects présentent des personnalités divergentes lors de l’audience. Tandis que Kyllian est silencieux, Ryan P. s’illustre en niant toute implication : « J’ai rien à voir avec tout ça. » Cependant, les preuves démontrent qu'il se trouvait aux lieux des faits grâce à des géolocalisations de son téléphone, ce qui a conduit à sa relaxe.
« Dettes à régler »
Les enquêteurs de l'Essonne ont mobilisé d'importants moyens pour appréhender les suspects, y compris une surveillance minutieuse. Les autres prévenus ont reconnu certains actes, mais sans en dire plus. Peu clair est ce qui les a poussés vers cette série de cambriolages. Une vague notion de « dettes à régler » est mentionnée, alors qu’un d'eux avoue agir par « appât du gain ». Kyllian, déjà connu de la justice avec plusieurs condamnations, a embarqué des complices au casier plus léger.
Face à eux, des victimes bouleversées ont témoigné. Des commerçants et propriétaires de Fiat 500 ont raconté comment ils ont été dépossédés de leurs biens. L'avocate d'une cliente a témoigné de la détresse causée après que sa cliente a perdu son véhicule alors qu'elle cherchait un emploi. Un autre propriétaire raconte avoir retrouvé sa voiture dans un état pitoyable, brisée et souillée. « C’est très choquant, mine de rien », confie-t-elle.
Un avocat d’une gérante de boucherie, à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne), dépeint la désolation de son cliente dont le commerce a été endommagé. « Tout a dû être refait », souligne-t-il. Malgré des excuses timides, les jeunes semblent peu affectés, échangant des sourires et des regards complices avec des proches dans le public.
Le verdict tombe tard dans la nuit : hormis la relaxe de Ryan P., Kyllian et ses complices sont condamnés pour vols aggravés. Kyllian S. M. écope de deux ans de prison ferme, l'un de ses acolytes de neuf mois de prison ferme, et un autre de huit mois avec sursis. Une audience pour la fixation des indemnités pour les victimes est programmée pour octobre prochain.







