Ce mercredi 28 janvier, le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne a prononcé une peine de deux ans de prison ferme à l'égard du gérant d'une société viticole, reconnu coupable d'avoir hébergé près de quarante travailleurs ukrainiens dans des conditions déplorables lors des vendanges de 2023, à Mourmelon-le-Petit, dans la Marne.
Cette affaire, décrite par les médias comme l'une des plus choquantes à avoir secoué l'industrie du champagne, s'est traduite par une condamnation plus sévère que celle requise par le parquet, qui avait initialement demandé trois ans de prison avec un an ferme.
Le représentant légal de la société Viticompétences, dont le siège se trouve à Épernay, fait également l'objet d'une interdiction permanente de gérer une entreprise, en plus d'une amende de 350 000 euros infligée à son entreprise.
Conditions de vie déplorables
Les événements remontent à septembre 2023. Plusieurs témoignages et un rapport de la MSA (Mutualité Sociale Agricole) ont révélé que les travailleurs étaient logés dans des pièces insalubres infestées de rats, avec des moisissures, des installations électriques dangereuses et des infiltrations d'eau. Les conditions d'hébergement incluaient des lits de camp vétustes et troués.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de préoccupations sur l'exploitation des travailleurs saisonniers. En effet, un autre incident à Nesle-le-Repons, qualifié de « traite d'êtres humains », a aussi suscité l'indignation et fera l'objet d'appels en cour les 21 et 22 janvier prochains, avec une décision attendue le 4 mars.
Des experts comme Marie Dupont, spécialiste des enjeux sociaux en agriculture, soulignent l'importance de surveiller ces pratiques pour éviter toute forme d'exploitation. Elle affirme : « Ces situations mettent en lumière des systèmes d'exploitation cachés, qui nécessitent une vigilance accrue de la part des autorités. »







