Dans un tournant audacieux du football, la Fédération espagnole de football (RFEF) a officialisé un accord de 40 millions d'euros par an avec l'Arabie saoudite pour organiser la Supercoupe d'Espagne sur son territoire jusqu'en 2030. Cette transaction, révélée par l'agence EFE, vise à dynamiser le tournoi tout en soulevant des questions sur sa transparence et sa légitimité.
Le contrat implique un paiement annuel substantiel en échange de l'accueil de cet événement prestigieux. La RFEF insiste sur le fait que ce partenariat a pour but de moderniser la compétition et d'accroître la visibilité des clubs espagnols sur la scène mondiale. De fait, le format de la Supercoupe a été révisé pour inclure les deux finalistes de la Coupe du Roi et les deux premiers de LaLiga, transformant le tournoi en une compétition à quatre équipes avec des matches à élimination directe.
Les finalistes actuels, le FC Barcelone et le Real Madrid, symboles emblématiques du football espagnol, s'affrontent ce dimanche 11 janvier, rendant ce nouveau format particulièrement poignant.
Toutefois, cette opération ne se déroule pas sans controverse. La RFEF est actuellement sous investigation par le gouvernement espagnol pour d'éventuels cas de corruption, notamment à cause de paiements non transparents à des membres influents, y compris l'ancien président Luis Rubiales. Cette ombre plane sur des accords aussi lucratifs.
De plus, une part de ce budget sera attribuée à Kosmos Global Holding, la société de Gérard Piqué, qui perçoit une commission de 3 millions d'euros pour faciliter les négociations. Selon les analystes, cela renvoie à une tendance croissante où les intérêts privés s'entremêlent avec les affaires publiques dans le sport.
Les bénéfices de ce contrat sont déjà tangibles. La fédération a annoncé que les dotations pour les clubs participantes allaient augmenter, avec 21,3 millions d’euros prévus pour les demi-finalistes en 2026, contre 19 millions l'année précédente. Les clubs retouchent ainsi des fonds importants pour couvrir leurs coûts, ce qui pourrait affecter leur propre budget et planification à long terme.
Cette démarche s'inscrit dans un cadre international plus large, où d'autres nations, telles que l'Italie et la France, ont également choisi de délocaliser des compétitions de football pour renforcer leur attractivité sur la scène globale. Cet intérêt pour des événements sportifs pourrait refléter une volonté plus large de renforcement des liens entre le sport et la diplomatie économique.
En somme, cet accord soulève des interrogations tant sur les motivations que sur l'impact direct sur les clubs espagnols, ainsi que sur les ramifications plus larges dans le monde du football et de la gouvernance sportive.







