Ce samedi, des rassemblements se tiennent dans des dizaines de villes à travers les États-Unis pour dénoncer les méthodes controversées de la police fédérale de l'immigration (ICE), suite au tir mortel d'un agent sur une femme de 37 ans à Minneapolis.
Dans cette ville du Midwest, des milliers de citoyens, affrontant des températures glaciales de -7 degrés, se sont rassemblés dans un parc enneigé, scandant le nom de la victime, Renee Nicole Good, tout en exhibant des pancartes anti-ICE.
"J'ai l'impression que nous basculons vers une dictature autoritaire", déclare Drew Lenzmeier, 30 ans. "L'administration actuelle se permet de tirer sur des citoyens, de kidnapper des gens. Cela doit cesser!" Son appel rejoint celui du mouvement "No Kings", un réseau d'organisations progressistes en désaccord avec la politique de Donald Trump.
La tragédie survenue mercredi, lorsqu'une mère de trois enfants a été abattue dans sa voiture, a profondément choqué Minneapolis, déjà bastion démocrate. De nombreuses voix s'élèvent contre l'escalade de la violence liée aux opérations d'immigration, qui sont désormais considérées comme une priorité nationale.
Le matin des manifestations, trois élues démocrates du Minnesota, dont Ilhan Omar, figure emblématique de la gauche américaine d'origine somalienne, ont tenté de visiter le bureau de l'ICE, mais ont été expulsées. "C'est une tentative flagrante d'entraver notre mission de contrôle", a déploré Omar.
Les autorités affirment que le policier impliqué a agi en légitime défense, prétendant que Renee Nicole Good tentait de le renverser avec son véhicule. Cependant, des vidéos de témoins, largement partagées, suggèrent que la conductrice cherchait plutôt à éviter le conflit. L'administration a, pour sa part, diffusé une vidéo filmée par l'agent Jonathan Ross, où l'on peut voir la victime s'exprimant calmement avec l'agent avant les coups de feu.
Suite à cette polémique, une nouvelle manifestation a eu lieu devant des établissements de Minneapolis où l'on soupçonne que des agents de l'ICE pourraient séjourner. Selon la police, 29 personnes ont été arrêtées et rapidement relâchées.
Des élus démocrates ont exprimé leurs préoccupations concernant la nécessité de mener des enquêtes impartiales, en particulier après que le FBI a pris les rênes de l'enquête, laissant les autorités locales à l'écart. Jacob Frey, le maire démocrate de Minneapolis, a critiqué ce manque de transparence : "Nous devons respecter l'intégrité de notre système judiciaire".
Selon un rapport du média The Trace, Renee Nicole Good est la quatrième personne tuée par des agents de l'immigration fédéraux depuis le début de la politique d'expulsion sous l'administration Trump, tandis que sept autres ont été blessées. Par ailleurs, deux personnes ont été blessées par des tirs de la police fédérale lors d'un contrôle routier à Portland, dans l'Oregon. Cette spirale de violence soulève des questions cruciales sur les directives et méthodes employées par les forces de l'ordre en matière d'immigration.







