L’Association pour la santé des enfants, dirigée par Quentin Guillemain, exige une interdiction temporaire de mise sur le marché et la suspension des chaînes de fabrication des cinq usines concernées.
Le 26 janvier, l’Association pour la santé des enfants a engagé un recours auprès du tribunal administratif de Paris, dénonçant « une carence grave de l’État » dans la gestion de la crise des laits infantiles contaminés. Plusieurs grands noms de l’industrie, tels que Nestlé, Danone, et Lactalis, ont procédé à des rappels de produits dans plus de soixante pays, y compris en France, en raison d'une contamination possible à la céréulide, une toxine produite par des bactéries qui, selon les autorités, proviendrait d’un fournisseur chinois.
« Un mois pour retirer les produits, seulement après que les tests révèlent une contamination, n'est pas conforme au principe de précaution », a souligné Quentin Guillemain. L’association, qui a vu le jour suite au scandale de lait contaminé aux salmonelles du groupe Lactalis en 2017, réclame ici une action rapide des autorités.
Impliqué : l'industriel chinois Cabio Biotech
Dans sa requête en référé-liberté, enregistrée en urgence au tribunal, l'association demande à l’État d’ordonner dans les 24 heures le retrait de l’ensemble des laits infantiles contenant de l’huile en acide arachidonique (ARA) fournie par Cabio Biotech. Cette entreprise, pointée du doigt par plusieurs producteurs, a vu les actions de ses partenaires (Nestlé et Danone) chuter depuis le début de la crise, avec des pertes respectives de 6% et 10% en Bourse.
L'historique des crises est rappelé par Guillemain, faisant référence à l'interdiction par le ministère de l’Économie en 2017 de plusieurs produits Lactalis suite à une situation similaire. Cela souligne la nécessité d'une vigilance accrue dans le secteur de la nutrition infantile.
Une bactérie tenace en cause
Les revendications de l’association incluent non seulement l’interdiction de la mise sur le marché de tout lait contenant l’ARA suspecte, mais également la « suspension immédiate et administrative des chaînes de fabrication » des cinq usines visées. Ces usines appartiennent à des groupes tels que Lactalis, Danone, et Nestlé. L'association s'inquiète de la persistance de la bactérie responsable de cette contamination et réclame un nettoyage rigoureux des installations, supervisé par les autorités.
En outre, elle appelle à la transparence et à la création d’un site dédié aux informations sur ce sujet, ainsi qu'à une enquête approfondie sur tous les cas de contamination. Des recommandations récentes de l’Agence sanitaire européenne stipulent des rappels même pour des niveaux de toxine très faibles, soit au-delà de 0,03 μg par kilo de masse corporelle.







