Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a affirmé devant le Parlement européen que la défense européenne ne peut se construire sans le soutien des États-Unis. Lors d'une intervention, il a averti que tout projet d'autonomie stratégique serait non seulement financièrement insoutenable, mais également insuffisant pour garantir la sécurité continentale.
« Si quelqu'un pense vraiment que l'Union européenne peut se défendre sans les États-Unis, il se voile la face. Nous avons besoin les uns des autres », a-t-il déclaré, plaidant pour une interconnexion renforcée entre les alliés transatlantiques.
M. Rutte a précisé que la création d'une nouvelle alliance défensive en Europe sans l'appui américain nécessiterait un budget atteignant 10 % du produit intérieur brut (PIB) des nations européennes, ainsi qu'une capacité de dissuasion nucléaire indépendante. « Cela demanderait des milliards d'euros et entraînerait la perte du garant ultime de notre sécurité, à savoir le parapluie nucléaire américain. Bonne chance ! », a-t-il lancé aux députés européens lors d'une séance de questions-réponses.
Les pays membres de l'OTAN se sont engagés à utiliser au moins 5 % de leur PIB d'ici 2035 pour leur défense, mais beaucoup n'ont même pas encore atteint 2 % de leurs dépenses militaires, selon les engagements pris. La tension est palpable, surtout avec l'influence grandissante de certaines nations appelant à une plus grande autonomie dans le cadre de l'OTAN.
« Les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité »
Face à ces déclarations, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a réagi sur les réseaux sociaux : « Non, cher Mark Rutte. Les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité. Même les États-Unis en conviennent. Cela relève du pilier européen de l'OTAN ». Cette position, favorisée par la France, contraste avec la prudence de pays voisins à la Russie, qui voient leur dépendance à l'armement américain s'accroître.
Mark Rutte a aussi souligné que les États-Unis reconnaissaient l'importance des sacrifices consentis par les alliés dans des conflits comme en Afghanistan. « Pour deux soldats américains tombés, un allié n'est pas rentré chez lui », a-t-il rappelé, mettant en exergue l'importance de l'engagement mutuel entre partenaires.







