Ce moment crucial du procès en appel de l'affaire du financement libyen a débuté le 7 avril. L'ancien président attendait ce moment, sachant à quel point il était chargé de symbolisme. Il a d'abord dirigé ses propos vers les familles endeuillées par l'attentat tragique.
"Il n’est pas concevable de laisser ces témoignages sans réponse. J’ai longuement réfléchi pour trouver les mots justes. Trop de mots pourraient sembler théâtraux, pas assez seraient perçus comme un manque d'empathie", a déclaré l’ancien président dans un ton empreint d’émotion.
Pour rappel, Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir permis à ses plus proches collaborateurs de négocier, à la fin de 2005, un financement avec Abdallah Senoussi, un dignitaire libyen condamné à perpétuité pour avoir orchestré cet attentat, faisant 170 victimes, dont 54 Français.
"Aucun centime d'argent libyen dans ma campagne"
"La vérité est la seule manière de répondre à cette souffrance. La réalité, c'est qu'aucun centime d'argent libyen n'a été utilisé pour ma campagne. Je n'ai jamais collaboré avec Abdallah Senoussi", a insisté Sarkozy devant la cour d'appel.
Peu après sa déclaration, l’avocat des parties civiles, Me Vincent Brengarth, a rappelé l'importance d'explications « plausibles et convaincantes », en soulignant la solidité des précédentes condamnations à son encontre.
"Les interrogatoires précédents n'ont toujours pas fourni les explications nécessaires. Le principal concerné, Nicolas Sarkozy, doit apporter ces éclaircissements", a-t-il déclaré.
Nervosité notable de Sarkozy
Brengarth a également constaté une attitude moins énergique de Sarkozy par rapport à son précédent procès. "On ressent une forme de fébrilité, même si le rendez-vous est encore prématuré pour dresser un constat final", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a été alors interrogé sur la connaissance qu'il avait des hommes d'affaires impliqués, Ziad Takieddine et Alexandre Djouhri, respectivement décédé et absent.
Il s'est également exprimé avec fermeté contre ses anciens collaborateurs, reconnaissant leurs "imprudences". "Ils ont laissé Ziad Takieddine s'immiscer dans leurs affaires. Certes, ils sont aussi victimes d’une manigance, mais leur imprudence est manifeste", a-t-il plaidé.
Tout en continuant son intervention, Sarkozy s'est rappelé de son voyage en Libye, justifiant la nécessité de la présence de Guéant et évoquant la légèreté d’Hortefeux dans ses engagements envers des figures controversées.
Le président de la cour d'appel, Olivier Géron, a insisté sur l'absence de précautions de Sarkozy et de ses collaborateurs face à des accusations précises, posant des questions sur son manque de vigilance au cours des six dernières années.
"Je me suis concentré sur ma campagne; l’incendie à éteindre, c'étaient les 50 millions d’euros qui auraient alimenté ma campagne!", a ajouté l'ancien président en se défendant.
Alors que l’audience se terminait, Nicolas Sarkozy se montrait nerveux et agacé, tenant des propos vifs sur ses anciens alliés, menant à des tensions tangibles dans la salle. Ses explications sur les rencontres de ses anciens conseillers avec Abdallah Senoussi semblent avoir été insuffisantes pour apaiser les doutes persistants.
L’audience se poursuivra au lendemain, et tous les regards resteront rivés sur l’ancien chef d’Etat, en quête de vérité et de justice face aux accusations qui pèsent sur lui.







